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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

02/12/16 à 12:15 - Mise à jour à 12:15

'Trump prouve qu'il n'a pas peur de se contredire... et de faire le contraire de ce qu'il a promis'

Il faut bien l'avouer, Donald Trump est une bénédiction pour les médias. Avec lui, vous ne devez pas vous poser la question de savoir s'il y aura des choses intéressantes à dire. À croire qu'il fait tout pour attirer notre attention...

'Trump prouve qu'il n'a pas peur de se contredire... et de faire le contraire de ce qu'il a promis'

© REUTERS

Donald Trump s'est encore récemment distingué en montrant qu'il n'avait pas peur de se contredire et de faire exactement le contraire de ce qu'il a promis durant sa campagne. Il vient en effet de nommer au poste de ministre des Finances un ancien banquier de Goldman Sachs, la toute puissante banque d'affaires américaine.

C'est étonnant, car cette banque, considérée comme une pieuvre tentaculaire, n'a pas bonne presse auprès des populations ou des médias. C'est notamment Goldman Sachs qui a aidé le gouvernement grec à maquiller ses comptes pour pouvoir entrer dans la zone euro. C'est elle également qui vient d'engager l'ancien président de la Commission européenne José Manuel Barroso - officiellement, c'est pour la conseiller sur les rouages des institutions européennes, mais en réalité, c'est pour lui ouvrir des portes au sein des cabinets européens. Même l'actuel président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, l'homme qui dirige la politique monétaire de l'UE, est un ancien de Goldman Sachs.

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En nommant Steven Mnuchin aux Finances, Trump joue la carte de l'apaisement à l'égard de Wall Street... au risque de se renier face à une partie de son électorat

Et voilà donc que Donald Trump nomme au plus haut poste financier de son pays un autre ancien de Goldman Sachs. Ce qui est vraiment étonnant, c'est que durant sa campagne, il n'a pas arrêté de critiquer cette banque. Il a notamment dit que son adversaire Ted Cruz était aux mains de cette banque vu que son épouse y travaille. "Je connais des gens chez Goldman Sachs, je sais qu'ils ont un contrôle total sur ce type", a-t-il même déclaré contre son concurrent. Pire encore, Trump n'a pas hésité à donner une image négative de Goldman Sachs dans ses spots publicitaires électoraux. Et comme les personnes incriminées, du patron de Goldman Sachs jusqu'à la présidente de la Banque centrale américaine, sont des juifs américains, sa campagne a été décriée par les médias américains comme ayant des relents d'antisémitisme !

En nommant Steven Mnuchin, un ancien de Goldman Sachs donc, au poste de ministre des Finances, Donald Trump joue plutôt la carte de la compétence et de l'apaisement à l'égard de Wall Street... au risque de se renier face à une partie de son électorat.

Et comme une nomination controversée n'était pas suffisante, il vient de nommer comme secrétaire d'État à la Défense, le Général Mattis, un ancien Marine, surnommé "Mad Dog" ou "Chien fou". Homme respecté au sein de l'armée, il est surtout connu pour son franc-parler. À un journaliste qui lui demandait quel était le rôle de l'armée, il n'a pas parlé de rétablissement de l'ordre, de restauration de la paix ou d'aide humanitaire, il a dit que son rôle était... de tuer ! Et c'est le même homme qui disait à ses interlocuteurs en Irak: "s'il vous plaît, je vais vous avouer une chose, ne nous énervez pas, surtout pas. Parce que si vous le faites, vos survivants parleront de ce que nous avons fait ici pendant 10.000 ans". "Mad Dog" Mattis se retrouve donc à la tête du ministère de la Défense le plus puissant du monde, et on sait déjà qu'il ne sera pas tenu en échec, ne serait-ce parce qu'il a dit lui-même qu'en tant que Marine, "il ne sait même pas épeler le mot défaite".

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