"Tax shift": critiqué de toutes parts, Van Overtveldt nuance son propos sur la TVA

08/02/15 à 15:40 - Mise à jour à 15:40

Source: Belga

Le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a nuancé dimanche les propos qu'il tenait la veille dans le Tijd et l'Echo selon lesquels le 'tax shift' envisagé par la majorité soulagerait la fiscalité du travail en relevant celle sur la consommation.

"Tax shift": critiqué de toutes parts, Van Overtveldt nuance son propos sur la TVA

Johan Van Overtveldt (N-VA) © BELGA

"Je n'ai pas plaidé pour une hausse pure et simple de la TVA", a-t-il commenté dimanche sur le plateau de l'émission De Zevende Dag (VRT). Diverses organisations internationales comme le FMI ou l'OCDE préconisent un glissement de la fiscalité du travail vers la consommation, les comportements polluants ou les fortunes, "dans cet ordre", a-t-il souligné.

M. Van Overtveldt a rappelé que la Belgique était la "championne du monde" de la fiscalité sur le travail, alors que les taxes sur la consommation et les pollutions y sont très basses, tandis que les prélèvements sur le capital sont dans la moyenne, selon lui.

"J'ai seulement voulu donner quelques lignes directrices pour un tax shift", a ajouté le ministre. Selon lui, il appartient en effet au gouvernement d'aboutir à un compromis sur ce sujet.

Les propos samedi du ministre dans la presse ont courroucé le vice-Premier ministre CD&V, Kris Peeters. "L'accord était que nous ne communiquerions sur le tax shift que dans le giron du gouvernement. Johan Van Overtveldt n'en fait qu'à sa tête", a-t-il pesté.

Son coreligionnaire et président de la commission des Finances de la Chambre, Eric Van Rompuy, a lui aussi fustigé la sortie du ministre N-VA. "Dans les mois qui viennent, il devra être plus discret sur les intentions en matière de tax shift s'il souhaite aboutir à des résultats qui pourront convaincre les groupes politiques et les partenaires sociaux en faveur d'une fiscalité plus juste et un glissement fiscal qui stimule la croissance et l'emploi", a-t-il commenté sur son blog.

Egalement dans la majorité, le MR a lui aussi rappelé le ministre des Finances à l'ordre. Convié sur le plateau de "L'invité" (RTL-TVI) dimanche midi, le chef du groupe MR à la Chambre, Denis Ducarme, a estimé que M. Van Overtveldt avait commis "une erreur" avec cette sortie. "Il n'aurait pas dû s'exprimer ainsi".

M. Ducarme a assuré qu'aucune hausse de la TVA n'avait été décidée par la majorité en vue du tax shift, assurant que le gouvernement n'avait nullement l'intention de "frapper les gens" dans le leur pouvoir d'achat.

Dans un communiqué de presse dimanche après-midi, le président du MR, Olivier Chastel a tenu à rappeler que l'objectif de la future réforme fiscale était d'"augmenter le pouvoir d'achat des travailleurs". "(Elle) doit permettre de réduire la taxation très lourde pesant sur le travail, via une baisse des charges fiscales. Pour ce faire, les impôts indirects ne sont qu'une possibilité, au même titre que la taxation des revenus spéculatifs ou des comportements polluants", souligne le président réformateur. Qui ajoute: "Les différentes options permettant d'augmenter le salaire-poche des travailleurs feront l'objet d'une analyse au sein du gouvernement fédéral".

Dans l'opposition au fédéral, le PS a lui aussi dénoncé toute hausse de la TVA, qualifiant celle-ci de "très mauvaise idée". "Cela revient à reprendre d'une main ce qu'on a donné de l'autre: ce sont les mêmes personnes qui paient les impôts sur le travail et les impôts sur la consommation. Les pensionnés sont même doublement perdants, puisqu'ils paient des impôts sur la consommation mais ne bénéficient pas des diminutions de la fiscalité sur le travail".

Pour les socialistes, pareille mesure serait en outre socialement inique puisque si l'impôt sur le travail est progressif, tout un chacun paie le même niveau de TVA sur les bien de consommation. "Proportionnellement à ce qu'ils gagnent, les bas revenus paient donc davantage que les plus hauts revenus".

Aux yeux du PS, l'option à retenir est plutôt de compenser la baisse de la taxation du travail par une imposition des plus-values et l'instauration d'un impôt sur les grosses fortunes.

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