Statut unique : le gouvernement veut relancer la concertation

07/06/13 à 14:45 - Mise à jour à 14:45

Source: Trends-Tendances

Les partenaires sociaux et le gouvernement se sont retrouvés vendredi en début d'après-midi au Lambermont pour relancer le dialogue sur l'harmonisation des statuts sociaux des employés et des ouvriers.

Statut unique : le gouvernement veut relancer la concertation

© Thinkstock

Patrons et syndicats doivent y prendre connaissance d'une série de pistes et propositions élaborées par la ministre de l'Emploi, Monica De Coninck (sp.a), et approuvées vendredi matin en comité ministériel restreint. Interrogée à son arrivée au Lambermont sur la teneur de ces propositions, la ministre est restée très discrète: "Il y a différentes pièces de puzzle dans ce dossier et nous devons trouver une solution équilibrée", a-t-elle plaidé. "Il faut tenir compte des travailleurs les plus faibles mais nous devons aussi penser à la compétitivité des entreprises", a-t-elle encore ajouté.

Voilà des mois que les discussions sur l'harmonisation des statuts sont dans l'impasse. Avant l'ouverture de la rencontre, le secrétaire général de la CSC, Claude Rolin, a défendu un meilleur statut pour tous, refusant de calquer les préavis en vigueur en Belgique sur ceux d'application dans les autres pays européens. "On ne va pas déshabiller le statut des employés pour construire celui des ouvriers", a-t-il averti.

Le syndicat chrétien propose pour rappel d'accorder à tous les travailleurs un mois de préavis par année d'ancienneté. La FGTB suggère de son côté trois mois de préavis par tranche de 5 années. Des solutions jugées impayables par les patrons pour qui pareille mesure grèverait davantage le handicap salarial de la Belgique.

Pour la ministre de l'Emploi, il est préférable que patrons et syndicats trouvent eux-mêmes une solution concertée. Un accord est attendu en théorie d'ici le 8 juillet prochain, échéance fixée par la Cour constitutionnelle pour mettre fin aux discriminations de statuts qui existent aujourd'hui entre employés et ouvriers.

En cas de désaccord persistant entre partenaires sociaux, il reviendra alors au gouvernement Di Rupo de trancher le noeud gordien, avec les tensions qu'on imagine entre libéraux et socialistes. L'absence de nouveau régime au 8 juillet prochain ouvrirait une période d'insécurité juridique, tout ouvrier licencié après cette date pouvant en théorie se tourner vers la justice en faisant valoir les discriminations relevées par la Cour constitutionnelle elle-même.

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