Spéculation : les CDS dirigent-ils le marché obligataire ?

14/12/10 à 09:36 - Mise à jour à 09:36

Source: Trends-Tendances

Troisième étape dans notre série consacrée à la spéculation sur la dette belge. Examinons de plus près les CDS, ces fameux produits dérivés permettant aux détenteurs de dette de s'assurer contre le risque de défaut de paiement d'un Etat ou d'une entreprise.

Spéculation : les CDS dirigent-ils le marché obligataire ?

© Bloomberg

Les CDS figurent au rang des innovations financières les plus redoutables de ces dernières années. Redoutable ? Le marché ne fait effectivement l'objet d'aucune régulation par les autorités publiques. Pas étonnant, dès lors, qu'il ait été pris d'assaut par les investisseurs agressifs qui y détiennent la grosse majorité des contrats existants.

Dans son rapport annuel 2009, l'Agence de la dette (l'administration générale de la Trésorerie) écrit d'ailleurs à ce propos : "Etant donné qu'il n'y a qu'un nombre limité de contreparties qui traitent ces contrats, et ce, sans qu'il n'existe un clearing central ou une bourse, la question s'est posée à plusieurs reprises de savoir si ce marché était suffisamment transparent. La plupart des observateurs ainsi qu'un nombre de plus en plus important d'autorités publiques sont d'avis que la transparence est loin d'être satisfaisante et craignent que les prix soient sujets à manipulation. Il est également apparu qu'une augmentation des prix des contrats CDS génère des tensions auprès de ceux qui détiennent la dette de l'émetteur sous-jacent, ce qui pousse davantage les prix à la hausse. Ce phénomène attire à l'évidence les spéculateurs."

JP Morgan, la banque américaine qui en assume la paternité, est l'un des acteurs les plus importants dans le trading et l'émission de CDS. A Londres, il se dit que la Société Générale et BNP Paribas dominent le marché. Un marché dont le montant des encours nominaux a explosé : alors qu'il représentait moins de 1.000 milliards de dollars au début des années 2000, le montant global semble aujourd'hui avoir dépassé les 60 billions de dollars.


Sébastien Buron

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