Sous pression, la Chine "tue" les aides aux constructeurs étrangers

30/01/12 à 11:59 - Mise à jour à 11:59

Source: Trends-Tendances

L'Empire du milieu lui-même est peu endetté, mais les provinces et municipalités empruntent tant qu'elles mettent en péril la santé du système financier chinois. La Chine surveille sa dette de près... et confirme la fin de mesures de soutien aux constructeurs automobiles étrangers.

Sous pression, la Chine "tue" les aides aux constructeurs étrangers

© Bloomberg

Chine : la dette publique est "sous contrôle", assure Wen Jiabao

"Dans l'état actuel des choses, notre dette publique est dans l'ensemble sûre et sous contrôle, a déclaré ce mois-ci le Premier ministre chinois Wen Jiabao, cité par le Quotidien du peuple, la voix du Parti communiste. Nous traitons avec grande attention la question de la gestion de la dette publique locale. Grâce à des assainissements (des finances) et des régulations, la tendance à l'inflation des investissements (publics) a été jugulée avec efficacité."

En Chine, l'Etat central est peu endetté mais les provinces et municipalités empruntent à tour de bras pour construire routes, aéroports ou hôpitaux et nombre d'entre elles sont insolvables, mettant en péril la santé du système financier, selon les analystes. Les emprunts des provinces et des municipalités s'élevaient à 10.700 milliards de yuans (1.300 milliards d'euros) fin 2010, soit 27 % du PIB, selon un rapport inquiétant publié fin juin 2011 par le Bureau national d'audit.

Le montant réel pourrait être bien supérieur, selon des experts indépendants. Ces emprunts sont souvent gagés sur des ventes de terrains au détriment d'habitants qui se disent spoliés et parfois se révoltent. Le récent retournement du marché immobilier chinois pèsera par ailleurs sur les finances des municipalités qui comptaient vendre des terrains au prix fort pour rembourser leurs dettes.

La Chine met fin aux mesures de soutien aux constructeurs étrangers

La Chine a confirmé lundi la fin de mesures de soutien aux constructeurs automobiles étrangers, tandis que Pékin veut encourager ses constructeurs nationaux sur un marché dont la croissance a beaucoup ralenti. Le retrait de ces mesures "prend effet aujourd'hui : c'est un décret du gouvernement qui a force de loi", a déclaré un responsable du bureau de l'information de la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC), l'agence de planification chinoise.

La Chine offrait jusqu'ici des droits de douane réduits pour des importations d'équipements dans le secteur automobile. La fin de ces avantages signifie une augmentation des coûts pour les constructeurs étrangers. La décision du gouvernement chinois avait été annoncée fin décembre, alors que les ventes sur le premier marché automobile du monde n'ont progressé que de 2,5 % l'an dernier, après avoir bondi de 32 % en 2010 et de 46 % en 2009.

L'annonce de Pékin n'a pas dans l'immédiat refroidi les ardeurs de Volkswagen, qui a annoncé début janvier la construction d'une nouvelle usine d'une capacité de 300.000 véhicules à Ningbo, alors que le groupe allemand en possède déjà deux en cours de construction dans le pays. Ces trois nouveaux sites doivent venir s'ajouter aux neuf que VW opère déjà en Chine avec ses partenaires locaux FAW et SAIC.

Les marques étrangères sont dominantes en Chine, avec environ 70 % du marché, mais les constructeurs doivent s'associer à un partenaire chinois pour produire dans le pays.

Trends.be, avec Belga

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