Si vous avez raté les précédents "sommets de la dernière chance"...

08/12/11 à 19:19 - Mise à jour à 19:19

Source: Trends-Tendances

Le sommet européen qui débute ce jeudi à Bruxelles est qualifié de "sommet de la dernière chance" pour la zone euro. Mais depuis deux ans, les sommets cruciaux se sont succédé. Petit rappel pour s'y retrouver...

Si vous avez raté les précédents "sommets de la dernière chance"...

© Reuters

12 avril 2010: Une première initiative petit bras

Les dirigeants de la zone euro précisent les grandes lignes du plan concocté trois semaines plus tôt. Ils fixent les montants susceptibles d'être prêtés à la Grèce, soit 45 milliards d'euros au total, et le taux d'intérêt soit 5%. Une petite bouffée d'oxygène, car les taux du marché sont déjà prohibitifs. Mais l'enveloppe ne correspond qu'aux besoins de financement de la Grèce pour la seule année en cours. Il ne règle donc que temporairement le problème de liquidités du pays sans s'attaquer à sa solvabilité, ou plutôt, à son insolvabilité. Après une petite accalmie, les taux grecs vont donc reprendre leur ascension, obligeant les dirigeants européens à se réunir à nouveau.

2 mai 2010: Une aide "historique" à la Grèce

Les ministres des finances de la zone euro décident d'activer le plan de sauvetage commun UE-FMI à la Grèce en portant son montant à 110 milliards d'euros. Soit une ampleur sans précédent dans le monde, insistent ses promoteurs. Et ce en contrepartie d'une cure d'austérité. Comme il s'agit de prêts bilatéraux, l'Allemagne est la principale contributrice (22 milliards d'euros) devant la France. Mais les problèmes de fond ne sont toujours pas réglés. De plus, les risques de contagion à d'autres pays ne sont pas abordés. Ils feront l'objet d'un sommet à part des chefs de gouvernement.

10 mai 2010: Un plan de stabilisation "historique" de la zone euro Alors que la crise grecque menace d'emporter d'autres pays avec elles, via la flambée des taux sur le marché obligataire, une nouvelle réunion d'urgence des dirigeants européens est convoquée à Bruxelles. Elle accouche de mesures inédites pour venir en aide aux Etats membres en difficulté. La BCE annonce qu'elle va procéder à des achats de dette sur le marché secondaire. Les pays de la zone euro et le FMI annoncent un dispositif de secours d'urgence de 750 milliards. Mais les contours sont encore flous. Il faudra encore plusieurs réunions techniques et plusieurs mois pour définir et mettre en place le fonds européen de stabilisation financière, le FESF, appelé à se financer sur les marchés en bénéficiant de la garantie des Etats de la zone euro. L'Irlande n'aura pas le temps d'attendre sa naissance et fait appel à l'aide européenne le 21 novembre 2010 afin de pouvoir renflouer ses banques.

17 décembre 2010: Un vrai Fonds monétaire européen

Lors de ce sommet, les dirigeants européens décident de mettre en place un "Fonds monétaire européen", chargé de venir au secours d'États les plus fragiles qui ne parviendraient plus à emprunter à des taux raisonnables sur les marchés. Il prendrait la place du Fonds européen de stabilité financière (FESF) au 1er janvier 2013 en étant autorisé à racheter des obligations d'Etat de pays en difficultés.

25 mars 2011: Une première rustine à la stabilisation "historique"

Pas encore en place, le dispositif de stabilisation historique apparaît déjà insuffisant. A l'issue du sommet des 24 et 25 mars 2011, les chefs d'Etats et de gouvernements répètent qu'ils se sont accordés sur la création du mécanisme européen de stabilité (MES), en précisant ses dotations : 500 milliards d'euros. Le FESF voit quant à lui sa force de frappe passer de 250 à 440 milliards d'euros et peut dorénavant intervenir directement sur le marché primaire pour acheter des obligations d'Etats lors de leur émission, au lieu de se limiter à des prêts. Le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, affirme à l'époque : "Nous sommes autrement mieux outillés pour pouvoir résister à une crise du type que nous venons de traverser, qu'au début de la crise". Voire. L'incapacité de plus en plus évidente de la Grèce à faire face à ses dettes met les hypothèses de la restructuration et du défaut de paiement à l'ordre du jour.

20-21 juillet 2011: Premier sommet "de la dernière chance"

L'enjeu était en effet de décider entre un défaut ordonné de la Grèce sur une partie de sa dette ou une faillite désordonnée. Les dirigeants optent naturellement pour un défaut partiel. Les créanciers privés renoncent ainsi à 21% de leurs créances sur la dette du pays. Et il est décidé de prêter une centaine de milliards d'euros supplémentaires à la Grèce. Les chefs d'Etats et de gouvernements élargissent également les capacités d'actions du FESF en lui permettant d'acheter des obligations d'Etats sur le marché secondaire. Ces décisions de principe sont encore une fois bien accueillies par les marchés dans un premier temps. Mais les nombreuses zones d'ombres et la lenteur de leur mise en oeuvre refroidissent rapidement l'optimisme.

26-27 octobre 2011: Deuxième sommet "de la dernière chance"

Face à l'inquiétude persistante des marchés, l'auto-critique des dirigeants européens est générale. "Pas assez vite, pas assez grand, pas assez fort" a ainsi pu résumer Nicolas Sarkozy en parlant de l'action globale des Europens. Le nouveau sommet des 26 et 27 octobre est censé prendre enfin des décisisions définitives. Les dirigeants européens valident notamment une décote supérieure à celle prévue lors du sommet du 21 juillet. Soit un effacement de 50% de la dette grecque détenue par les banques. Ils envisagent parallèlement une recapitalisation des établissements qui ne seraient pas capables d'éponger les pertes correspondantes . Le second plan de prêts à la Grèce est également mis sur pieds, d'un montant de 100 milliards d'euros. Un plan de "maximisation" du FESF est également décidé, ses dotations seront désormais portées à 1.000 milliards d'euros, grâce à un effet de levier. Mais là encore, un grand flou entoure la mise en oeuvre concrète de chacune de ces mesures. Les capacités du FESF ont ainsi depuis été fortement revues à la baisse. Ces incertitudes n'ont fait qu'accentuer les inquiétudes sur une éventuelle explosion de la zone euro. Car le mot n'est plus tabou.

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