Saut d'index : le débat tourne en rond

01/02/12 à 14:34 - Mise à jour à 14:34

Source: Trends-Tendances

La simple possibilité d'un saut d'index fait bondir certains groupes politiques. Le débat a une nouvelle fois rebondi mercredi à la Chambre... pour retomber aussitôt. La grève générale de lundi laisserait-elle les partis à fleur de peau ?

Saut d'index : le débat tourne en rond

© Belga

Le ministre des Finances a répété mercredi à la Chambre, dans le cadre de la discussion du budget 2012, que, pour son parti, un saut d'index n'était pas à l'ordre du jour lors du contrôle budgétaire de fin février : "Cela n'aurait de sens de décider d'un saut d'index dans le cadre du contrôle budgétaire", a martelé Steven Vanackere (CD&V), alors que l'opposition reprochait à son parti d'être incohérent sur le sujet.

Le CD&V défend la "possibilité" d'un saut d'index, pas son application dans l'immédiat

Le débat avait démarré le week-end dernier, avec les déclarations de Steven Vanackere et du ministre-président flamand issu du même camp politique, Kris Peeters. Le premier disait ne pas fermer la porte à une telle mesure, tout en précisant qu'elle restait "un éventuel instrument dans un possible problème de compétitivité de nos entreprises".

Kris Peeters avait renchéri en estimant qu'"un saut d'index peut apporter un plus à notre monde entrepreneurial et à notre économie". Un porte-parole du CD&V avait ensuite (momentanément) clos le débat en indiquant que ce levier permettrait de renforcer la position concurrentielle de nos entreprises et mettre l'emploi en sûreté.

Surtout, le ministre des Finances assurait (déjà) qu'elle n'interviendrait pas pour le prochain contrôle budgétaire. Un avis confirmé par le porte-parole du CD&V, selon qui une telle mesure n'aurait plus d'effet pour le budget 2012 et n'était pas à l'ordre du jour : "L'effet d'un saut d'index doit être mesuré dans le temps. Le procédé ne prend sens que s'il rapporte également sur le plan de la position concurrentielle et si l'on parvient à sécuriser l'emploi."

Le principe même du saut d'index fait bondir les socialistes, les syndicalistes et les écologistes

A l'avant-veille de la grève générale du 30 janvier, le débat sur le saut d'index n'a pas été apprécié de tous, c'est le moins que l'on puisse dire : "Il s'agirait d'un choix totalement erroné qui serait pour nous inacceptable", a aussitôt déclaré Marc Leemans, président de la CSC, qui estime que cela toucherait, une nouvelle fois, avant tout les plus fragilisés, les personnes sans emplois ou les bénéficiaires d'allocations sociales.

Cette opposition au principe même d'un saut d'index était partagée, notamment, par le PS, le SP.a et les écologistes. Le député Groen Kristof Calvo, par exemple, a critiqué tant le contenu que le moment de ce débat et jugé que c'était là "jeter de l'huile sur le feu".

Un saut d'index, tel qu'envisagé par les chrétiens-démocrates flamands, permettrait pourtant au gouvernement, selon certaines analyses, de faire d'une pierre trois coups : alléger quelque peu le budget, renforcer la compétitivité des entreprises et donner un signal positif aux marchés financiers.

Saut d'index : les socialistes et l'opposition montent à nouveau sur leurs grands chevaux

Le débat sur l'index est revenu sur le tapis mercredi à l'occasion de l'intervention de Carl Devlies. Le précédent secrétaire d'Etat (CD&V) à la Lutte contre la fraude fiscale a défendu ce point de vue à la tribune. Pour lui, le saut d'index est une "possibilité théorique".

Cette intervention a soulevé des remarques sur de nombreux bancs. Il s'est ainsi fait interpeller par la N-VA et les écologistes, selon qui le discours du CD&V est ambigu et crée l'insécurité et l'inquiétude. Dans les rangs de la majorité, Hans Bonte (SP.a) est intervenu pour réaffirmer l'opposition de son parti à un saut d'index. Lors de son intervention, Chritiane Vienne (PS) avait abondé dans ce sens.

Ces interventions ont permis aux membres de l'opposition d'enchaîner en désignant ce qu'ils ont appelé des "divergences" au sein de la majorité. Le ministre est alors intervenu pour rappeler le point de vue de son parti tel qu'il avait été exprimé au cours du week-end mettant fin au débat dans le débat.

Retour à la case départ, donc.

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