Sans la BCE, "nous n'aurons pas assez de croissance"

16/04/12 à 10:45 - Mise à jour à 10:45

Source: Trends-Tendances

"Si la BCE ne soutient pas la croissance, nous n'aurons pas assez de croissance", a insisté le président français Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection, pointant les "limites des règles fixées" à la BCE "dans le traité de Maastricht".

Sans la BCE, "nous n'aurons pas assez de croissance"

© Reuters

Plusieurs semaines après son rival socialiste François Hollande, Nicolas Sarkozy s'est lui aussi prononcé dimanche pour une réforme des missions de la Banque centrale européenne afin de renforcer son rôle dans le soutien de la croissance insuffisante de la zone euro.

Un mois après avoir lancé un ultimatum à ses partenaires européens pour un renforcement du traité de Schengen sur l'immigration, le président-candidat a promis, s'il est réélu, d'ouvrir le "débat" sur le rôle de la BCE en matière de soutien à l'activité économique.

"Sur le rôle de la Banque centrale dans le soutien à la croissance, nous allons aussi ouvrir le débat et nous allons faire avancer l'Europe", a lancé Nicolas Sarkozy dans un discours prononcé devant plusieurs dizaines de milliers de partisans réunis place de la Concorde à Paris.

"Si la Banque centrale ne soutient pas la croissance, nous n'aurons pas assez de croissance", a-t-il insisté, pointant les "limites des règles fixées (à la BCE) dans le traité de Maastricht". En vertu de ce texte entré en vigueur en 1993, la BCE a pour principale fonction d'être la gardienne de l'orthodoxie monétaire dans la zone euro et d'y surveiller l'inflation.

"L'Europe doit apurer ses dettes, elle n'a pas le choix, mais entre la déflation et la croissance, elle n'a pas davantage le choix, a ajouté Nicolas Sarkozy. Si elle choisit la déflation, elle disparaîtra. Il faut se souvenir des années 1930."

Berlin répète sa foi en l'indépendance de la BCE après les propos de Sarkozy

"La conviction profonde du gouvernement allemand est que la BCE exerce son mandat de manière totalement indépendante de la politique, a rétorqué lundi Steffen Seibert, porte-parole de la chancelière Angela Merkel, lors d'un point de presse. Et cette conviction est connue à Paris."

Steffen Seibert a précisé que l'Allemagne et la France avaient toutes les deux à coeur "une croissance pérenne en Europe" : "Nous sommes d'accord avec le gouvernement français sur les objectifs. Au cours d'une série de conférences de presse, les deux (Ndlr, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy) ont professé leur attachement à l'indépendance de la BCE."

La presse allemande ne faisait, quant à elle, pas grand cas lundi des propos du président-candidat français.

Quant au ministère des Finances, il s'est montré peu disert sur des propos de François Hollande, qui avait jugé samedi que "les autorités allemandes" devraient "faire annuler" l'introduction, par une filiale du groupe boursier allemand Deutsche Börse, d'un nouveau produit financier, un contrat à terme sur la dette française. "Ce produit financier n'est pas soumis à une autorisation préalable" de mise sur le marché, a dit le porte-parole du ministère, Martin Kotthaus. Plusieurs partis politiques en France ont dénoncé le nouveau produit comme "un nouvel instrument spéculatif contre la dette française".

Trends.be, avec Belga

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