S&P "dégrade" l'Irlande mais n'effraie pas l'euro

24/11/10 à 09:37 - Mise à jour à 09:37

Source: Trends-Tendances

La note de dette à long terme de l'Irlande est passée de "AA-" à "A" dans les tablettes de Standard & Poor's. L'agence estime que le pays devra emprunter davantage qu'estimé. Pas de quoi faire plonger l'euro, cependant, qui s'est largement maintenu face aux autres devises.

S&P "dégrade" l'Irlande mais n'effraie pas l'euro

© Reuters

Standard & Poor's a abaissé mardi d'un cran la note de dette à long terme de l'Irlande, à "A" contre "AA-" auparavant, invoquant la probabilité que le gouvernement irlandais doive emprunter davantage qu'estimé précédemment. Cette note attribuée à la dette de long terme du pays, la cinquième sur une échelle de 21, correspond à un emprunteur solide mais susceptible d'être affecté par des changements de la situation économique.

La note à court terme est elle aussi abaissée d'un cran, à "A-1" contre "A-1+". Cela reste une note attribuée aux émetteurs présentant les meilleures garanties de remboursement. Les deux notes sont assorties d'une "perspective négative", indiquant que S&P envisage de les abaisser encore.

"L'abaissement de notation reflète notre opinion selon laquelle le gouvernement irlandais devra supporter des coûts additionnels en relation avec les injections de capital dans le système bancaire irlandais en difficulté", note S&P dans un communiqué. L'agence précise que, si le FMI et l'Union européenne ne s'étaient pas déclarés prêts à accorder un prêt commun au gouvernement de Dublin, la note irlandaise "se serait trouvée sous davantage de pression".

Des experts de l'UE et du FMI mettaient au point à Dublin les détails d'un vaste plan de sauvetage à l'Irlande, qui pourrait atteindre jusqu'à 90 milliards d'euros, mais la situation s'est encore compliquée avec une crise politique s'ajoutant à la crise financière.

Irlande : le plan de sauvegarde s'élèvera à 85 milliards d'euros

Le plan de sauvegarde international de l'Irlande atteindra 85 milliards d'euros et comprendra l'imposition d'une taxe sur les banques à l'origine de la crise, ont indiqué mercredi les médias irlandais. Selon la radio-télévision publique RTE et le journal Irish Times, les banques irlandaises augmenteront leurs réserves de capitaux, actuellement de 8 %, à 10,5 % minimum, voire 12 %, grâce aux fonds apportés par l'UE et le FMI.

L'UE et le FMI avaient accepté dimanche soir le principe d'une demande d'aide financière à Dublin, sans en préciser le montant. Outre la recapitalisation des banques, le reste des capitaux du plan de sauvegarde sera destiné aux dépenses quotidiennes de l'Etat irlandais, qui a actuellement besoin de 19 milliards d'euros pour ses besoins courants.

Selon l'Irish Times, le gouvernement devrait, en contrepartie de l'aide, imposer une taxe sur ses banques. Dublin aurait accepté d'imposer ce prélèvement permanent, déjà mis en place dans plusieurs pays européens, après un compromis avec ses partenaires de l'UE qui n'ont pas réussi à imposer à l'Irlande d'accroître le taux de son impôt sur les sociétés. Ce taux, à 12,5 %, est un des plus bas au monde.

L'Irlande devrait également accepter d'augmenter ses participations dans deux des banques les plus touchées par la crise, Allied Irish Bank (AIB) et Bank of Ireland. Selon les médias irlandais, l'Etat prendra le contrôle de 99,9 % du capital d'AIB et devenir l'actionnaire majoritaire de Bank of Ireland, dont il détient déjà 36 % du capital.

L'euro est peu affecté par l'abaissement de la note de l'Irlande par S&P

L'euro a peu évolué mercredi après l'abaissement de la note de la dette à long terme de l'Irlande par S&P, une nouvelle attendue par le marché. A 1 h (GMT) à Tokyo, l'euro cotait 1,3380 dollar, contre 1,3364 dollar la veille à 22 h (GMT) à New York. La monnaie unique européenne était aussi en très légère hausse face au yen, à 111,37 yens à 1 h (GMT) contre 111,14 yens la veille à New York.

L'abaissement avait "été anticipé par le marché", a indiqué Shinichi Hayashi, agent chez Shinkin Central Bank, cité par Dow Jones Newswires.

Trends.be, avec Belga

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