"Roaming": la fin d'une manne pour les opérateurs

23/09/13 à 14:45 - Mise à jour à 14:45

Source: Trends-Tendances

La Commission européenne réduit les coûts des communications internationales. Les opérateurs télécoms voient fondre des revenus conséquents. Mais le "roaming" ne disparaît pas pour autant.

"Roaming": la fin d'une manne pour les opérateurs

Avec son "paquet télécoms", la Commission européenne s'attaque à nouveau aux frais de roaming, ces suppléments facturés aux consommateurs lorsqu'ils utilisent leur téléphone portable à l'étranger. Deux décisions sont gravées dans le marbre. Tout d'abord, les appels reçus depuis l'étranger (UE uniquement) ne pourront plus être soumis à des frais d'itinérance. Ensuite, les appels mobiles émis depuis le pays d'origine vers des numéros étrangers seront plafonnés à 0,19 euros/minute. Pour ce qui concerne les communications (appels, Internet mobile) depuis l'étranger, le texte proposé est plus flou.

Les opérateurs devront, à partir du 1er juillet 2014, "proposer des formules d'abonnement s'appliquant partout dans l'Union européenne". La Commission évoque un alignement des tarifs d'itinérance sur les tarifs nationaux. Mais elle n'empêche pas les opérateurs d'augmenter leurs tarifs nationaux, ni de proposer des formules d'abonnement (a priori moins chers) n'intégrant pas le roaming. Dans ce dernier cas, l'opérateur sera tenu de permettre à ses clients, lorsqu'ils se déplacent, d'opter pour un autre opérateur proposant des tarifs moins élevés. La Commission fait le pari que des opérateurs développeront des offres spéciales roaming pour tout le marché européen. Un bémol : aucun opérateur existant ne s'est encore formellement lancé dans ce type d'aventure...

Le "roaming" plafonné, pas supprimé Au final, le paquet télécoms n'a qu'un impact assez limité sur les tarifs de roaming. La plupart des décisions en matière de plafonnement des frais d'itinérance ont en fait déjà été prises il y a quelque temps (voir tableau). Le compromis dégagé par la Commission ne fait que confirmer sa volonté de réguler le marché européen.

Cela ne fait évidemment pas plaisir aux opérateurs, habitués à dégager des revenus conséquents du roaming. Mobistar, par exemple, estime que le roaming représente environ 8 % de son chiffre d'affaires, soit 132 millions d'euros. En 2012, l'impact du plafonnement des frais de roaming sur les revenus de l'entreprise est estimé à 20 millions d'euros par l'opérateur.

La régulation a fait fondre les frais d'itinérance sur les SMS et les appels, mais ils restent élevés sur la consommation d'Internet mobile, un créneau en pleine expansion. Pourtant, les opérateurs se défendent de réaliser des marges exorbitantes sur ce marché. "Pour que nos clients bénéficient de l'itinérance, nous devons acheter du trafic aux autres opérateurs, payer les coûts d'interconnexion, les coûts liés au réseau...", estime François Verzele, responsable roaming chez Mobistar. "Nous dégageons des marges, mais il en faut pour financer nos investissements."

GILLES QUOISTIAUX

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