Qui veut encore du tax shift ?

05/06/15 à 11:53 - Mise à jour à 11:53

Plus l'échéance approche et plus la majorité fédérale semble avancer à reculons vers le tax shift.

Qui veut encore du tax shift ?

© Belga

Ce mécanisme devrait contribuer à financer une baisse du coût du travail par une taxation environnementale sur la consommation ou sur les revenus du patrimoine. C'est du moins ainsi que le vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) avait présenté les choses en décembre pour calmer les ardeurs syndicales contre le saut d'index. On semblait alors s'être mis d'accord sur un shift de quelque 5 milliards et cela avait permis de préserver un fil de concertation avec la CSC et la CGSLB.

Qu'en est-il ? Le tax shift ne concernera ni l'immobilier ni les voitures de société, a déclaré le président de la N-VA, Bart De Wever. Son homologue de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten, va encore plus loin,balayant le principe même du glissement fiscal : pour elle, pas la moindre hausse fiscale, pas question de "reprendre d'une main ce que l'on donne de l'autre". De leur côté, les sociaux-chrétiens veulent toujours de ce tax shift et Charles Michel continue d'annoncer un accord avant les vacances parlementaires.

L'opération risque cependant de rester modeste, bien trop modeste pour l'opposition et les syndicats. L'insistance de la majorité à rappeler que l'accord de gouvernement prévoit déjà un shift pour 2,8 milliards (accises sur le tabac et le diesel, taxe sur les opérations de Bourse, taxe bancaire, etc.) invite à penser que les prochaines discussions ne porteront au mieux que sur 2,2 milliards. Un montant qui, selon la N-VA et l'Open Vld, peut se trouver en rabotant les dépenses de la sécurité sociale. Ils se heurtent alors au président du MR, Olivier Chastel, qui estime, lui, que la sécurité sociale a déjà été suffisamment mise à contribution.

Alors, collision frontale entre les partis au pouvoir ou abandon des ambitions ? Le Voka, la très influente organisation patronale flamande, opte pour la seconde hypothèse. Elle estime que l'amorce de la reprise économique rend désormais le tax shift inutile. Une sortie bien trop opportune pour ne pas avoir été concertée...

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