Qui sont les champions des énergies renouvelables ?

29/05/15 à 12:43 - Mise à jour à 12:43

En 2012, les énergies renouvelables représentaient 13,5% du mix énergétique mondial. Un chiffre que l'Union européenne ne risque pas de faire grimper de sitôt... Contrairement à l'Asie.

Qui sont les champions des énergies renouvelables ?

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S'il y a bien un secteur qui ne connaît pas la crise, c'est celui des énergies renouvelables. D'après un rapport publié par l'Agence Internationale des Énergies Renouvelables (Irena), 1,2 million d'emplois y auraient été créés en 2014, portant le nombre total à 7,7 millions.

La grande championne de cette étude est sans conteste l'Asie, qui rassemble à elle seule cinq des neuf pays qui emploient le plus dans le domaine. Étonnamment, c'est même la Chine, premier pollueur mondial, qui décroche la médaille d'or avec ses 3,4 millions de postes dans les énergies vertes. Le pays doit surtout son score à sa production intensive de panneaux solaires. 70% de ceux qui circulent actuellement dans le monde en proviendraient.

Le photovoltaïque et l'éolien en ligne de mire

Le photovoltaïque, justement, serait le rayon le plus porteur. Déjà en 2013, l'Irena témoignait de sa croissance rapide. Les objectifs en termes d'emplois fixés trois ans plus tôt pour 2015 avaient déjà été atteints. Aujourd'hui, les panneaux solaires seraient à l'origine d'un tiers des emplois du secteur, soit 2,5 millions. Les deux tiers d'entre eux seraient concentrés dans "l'empire du Milieu", qui profiterait largement du développement des installations et des opérations de maintenance, une manière de contrer la baisse des prix. 210 000 emplois auraient ainsi été créés en 2013 dans le pays. Le Japon serait aussi de plus en plus friand du photovoltaïque, suivi par la Malaisie et la Corée, deux marchés encore limités, mais qui ne cesseraient de grandir.

Il faut dire que l'énergie solaire a de beaux jours devant elle. Certains pays ruraux, à l'image du Bangladesh, misent d'ailleurs beaucoup sur elle. L'IDCOL, une entreprise spécialisée dans le développement d'infrastructures, a dû créer en quelques années, sous l'impulsion de l'Etat, 3,6 millions de panneaux. En tout, le pays en compterait 3,8 millions. Un chiffre que le gouvernement compte presque doubler d'ici l'an prochain.

Autre bonne surprise de ce rapport, l'éolien, qui dépasserait enfin le million d'emplois. D'après l'Irena, il y aurait eu en 2014 un véritable renouveau dans ce domaine, et ce principalement grâce à la Chine, l'Allemagne et les États-Unis. Ce dernier pays ne compte encore que 73 000 emplois dans le secteur, mais la croissance est forte : plus 43% en un an. L'Union Européenne, à l'inverse, affiche une hausse plus limitée, de 5,6%, mais accumule déjà 319 000 emplois. L'Allemagne serait en première position, suivie par le Royaume-Uni, l'Italie, puis le Danemark. L'éolien offshore rencontrerait aussi un certain succès dans la région. Il aurait employé 75 000 personnes l'an passé.

Enfin, du côté des biocarburants, on note aussi une forte croissance. L'Irena estime par exemple que les pertes d'emploi dans l'industrie de l'éthanol, générées entre autres par la mécanisation de la récolte de cannes à sucre, seraient largement compensées par la création d'emplois dans ce secteur. On en compterait aujourd'hui 1,8 million. Parmi les leaders, le Brésil arrive largement en tête avec 845 000 emplois. Toujours en Amérique latine, la Colombie et l'Argentine sont aussi plutôt bien placées, représentant respectivement 97 600 et 30 000 emplois.

L'Europe et les États-Unis à la traîne

Derrière ces chiffres se cache un constat moins réjouissant, celui d'une Europe qui peine à suivre le rythme. Sur le continent, l'Allemagne est celle qui emploie le plus dans le domaine des énergies renouvelables. En 2013, on y comptait 371 400 postes, soit plus du double de la France. Viendraient ensuite le Royaume-Uni, l'Italie, puis l'Espagne. A eux cinq, ces pays représenteraient 70% des emplois du secteur de l'Union Européenne. Seulement, ils rencontreraient aujourd'hui de sérieuses difficultés. Après une décennie de forte expansion, l'Allemagne aurait par exemple enregistré de premières pertes d'emplois dans le secteur en 2013. Plus assez compétitive sur le photovoltaïque, elle délocaliserait désormais une partie de sa production plus à l'est.

Malgré des plans ambitieux comme le développement de l'éolien offshore en Angleterre, ou le développement de la biomasse, de l'éolien et de l'énergie géothermique, les créations d'emplois ne suffiraient plus en Europe à compenser les pertes. Seuls le Royaume-Uni, la Grèce, la Roumanie et les Pays-Bas seraient parvenus à embaucher en 2013 pour le développement et la création de panneaux solaires. Les États-Unis connaîtraient aussi le même sort, avec un recul prononcé de l'emploi.

Perrine Signoret

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