Que veulent les économistes pour Noël ?

24/12/12 à 10:13 - Mise à jour à 10:13

Source: Trends-Tendances

La période est propice aux voeux. Quatre économistes confient les leurs pour 2013.

Que veulent les économistes pour Noël ?

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Dominique Plihon, professeur d'Economie à Paris XIII: "je veux la fin de l'austérité en Europe"


Le plus beau cadeau à offrir aux peuples d'Europe est, pour l'économiste atterré que je suis, d'arrêter les politiques d'austérité qui créent la récession et la misère sociale, sans réduire les dettes ; et d'aller vers des politiques fondées sur le partage des richesses, et sur le sauvetage de notre planète gravement menacée. La crise signale l'échec d'un monde dominé par la finance. Il faut en prendre acte.

Eric Heyer, directeur du département analyses et prévisions de l'OFCE: "Mon voeu pour 2013: un changement de stratégie dans la politique budgétaire européenne"

Parce qu'elle se déroule dans un contexte conjoncturel dégradé, sans possibilité de dévaluer sa monnaie et de façon synchronisée à l'ensemble des pays de la zone euro, la stratégie Bruxelloise d'un retour rapide et brutal à des finances publiques équilibrées va conduire cette zone dans un nouvel épisode récessif en 2013, aggravant la situation sur le front du chômage et de la pauvreté. Une autre stratégie, respectant les traités européens en vigueur, est possible et souhaitable : elle consiste à programmer et limiter l'effort d'austérité annuel à 0,5 point de PIB dans l'ensemble des pays européens jusqu'à ce que le déficit public ou la dette publique atteigne son objectif. Avec cette nouvelle stratégie, dans tous les pays, sauf la Grèce, le déficit public serait réduit en 2013 par rapport à 2012. Certes, cette réduction serait moindre que dans le scénario initial mais elle permettrait au chômage de baisser en fin d'année au lieu de continuer à se dégrader.

Eric Chaney, Chef économiste d' AXA et Directeur de la recherche d'AXA IM: "Qu'on ne revienne pas sur la perte de souveraineté entrainée par l'union bancaire"

D'abord que les dirigeants de la zone euro ne déçoivent pas les espoirs qu'ils ont suscités. Qu'on ne revienne pas sur la perte de souveraineté entrainée par l'union bancaire ; que l'Italie poursuive les courageuses réformes engagées depuis 2011 en les étendant aux institutions; que les politiques ibériques, à Madrid ou Barcelone, aient à coeur l'avenir de leur pays lorsqu'ils renégocieront leur pacte national ; et que les dirigeants français, ouvrant les yeux, voient que le monde, y compris proche, change plus vite qu'ils ne le pensent. Quant au reste du monde, mon voeu le plus cher est qu'enfin, les nouvelles du Proche Orient montrent que l'esprit de paix gagne du terrain. Le monde s'en porterait bien mieux.

Antoine Brunet, président d'AB Marchés: "je veux que soit interrompue la marche vers l'hégémonie de la Chine"

Que s'organise enfin en 2013 une démarche unie et forte des Etats-Unis, de l'Europe et du Japon menaçant la Chine d'une riposte douanière conjointe au cas où elle refuserait toujours de réévaluer significativement le yuan. Cela est la condition pour que les pays anciennement industrialisés puissent enfin se réindustrialiser. Cela éviterait aussi à ces mêmes pays de s'enfoncer dans le piège d'un recours, renouvelé et généralisé, à la planche à billets. Cela interromprait enfin la marche de la Chine vers l'hégémonie qui s'accompagne désormais d'une formidable agressivité territoriale (mer de Chine du sud, mer de Chine de l'est).

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