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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

12/05/15 à 10:30 - Mise à jour à 10:30

Quand une douzaine d'expressions impactent négativement notre moral... et celui des autres

Si vos collègues de bureau vous posent la question classique de savoir "comment vous allez", je vous propose de ne pas répondre par le classique "comme un lundi". Nous nous pourrissons en effet la vie avec une douzaine d'expressions qui impactent négativement notre moral et celui des autres.

Quand une douzaine d'expressions impactent négativement notre moral... et celui des autres

© iStock

Par recommandation d'une amie, je suis tombé sur un ouvrage rédigé par Philippe Bloch intitulé "ne me dites plus jamais bon courage". Cet ouvrage cartonne en ce moment en France. Son auteur a compris, en observant les gens au travail et dans le métro, que toutes les cultures peuvent être décryptées à travers le langage qu'elles utilisent. Ainsi, sans même nous en rendre compte, nous contribuons, écrit-il, à nous miner collectivement le moral à force d'utiliser des expressions telles que "ça ne marchera jamais" ou "le problème, c'est que.." ou encore "vivement la retraite" ou autre "bon courage" sans oublier le "c'était mieux avant"

Prenez l'expression " bon courage", par exemple. Cela signifie en gros que le travail est devenu une telle souffrance qu'il ne serait plus possible de se rendre au sien sans s'armer au préalable de la bravoure qui jusqu'ici était réservée, non pas au boulot, mais à des moments de galères, des coups du sort ou autres accidents que la vie réserve. Même chose avec nos collègues de bureau qui disent à longueur de journée, "le problème, c'est que...". A les entendre, tout ne serait donc qu'emmerdement, risque, tourment, peine, lourdeur et complication. Même topo, avec le fameux "vivement la retraite !". Comme l'écrit Philippe Bloch, il faut être mal dans sa vie pour avoir envie d'en changer au plus vite ? Il faut vraiment détester le monde du travail pour être aussi impatient de le quitter pour toujours ? Bref, j'arrête là, cette litanie d'expressions qui nous pourrissent la vie au quotidien, et qui démontre que nos expressions, notre vocabulaire expriment en quelque sorte notre peur de l'avenir.

Ce que préconise Philippe Bloch, et il a mille fois raison, c'est de s'en débarrasser. Pourquoi ? Parce que personne n'est condamné au déclin, parce que le monde appartient aux optimistes, parce que contrairement à ce qu'on croit, le bonheur n'est pas une langue étrangère - et donc, oui, reprogrammons ensemble notre vocabulaire, débarrassons-nous de ces horribles expressions et nous verrons tous la magie du changement ! Et souvenons-nous de ce que disait Voltaire : j'ai décidé d'être heureux, car c'est bon pour la santé !

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