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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

24/09/14 à 11:00 - Mise à jour à 11:17

Pourquoi la "suédoise" veut taxer le capital, et pourquoi maintenant

Même si les mesures doivent encore être confirmées, la "suédoise" se dirigerait vers une taxation du capital. Qu'est-ce qui pousse cette coalition de droite à agir contre nature ?

Pourquoi la "suédoise" veut taxer le capital, et pourquoi maintenant

/ © Belga

C'est en une de vos journaux ce mercredi matin, aux dernières informations, la coalition suédoise devrait mettre le capital à contribution. Sans doute sous la forme d'une augmentation de la taxe sur les opérations boursières et en taxant davantage la spéculation. Il faudra cependant attendre encore quelques jours pour voir si ce scénario va se concrétiser ou pas, car nous avons déjà été habitués à des tas de rumeurs par le passé. Mais il est clair, aux yeux de pas mal d'experts, que le capital en Belgique sera tôt ou tard davantage taxé qu'il ne l'est aujourd'hui !

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Pourquoi la "suédoise" veut taxer le capital, et pourquoi maintenant

Alors, pourquoi la "suédoise" veut-elle taxer le capital, et pourquoi maintenant ? Pour plusieurs raisons. Parce que la taxation des personnes physiques est déjà à son maximum. Le Belge détient en effet le record peu enviable de la personne la plus taxée au monde si l'on regarde les classements annuels. Il n'y a donc aucune marge de manoeuvre de ce côté-là. Quant aux sociétés, il est très difficile, pour ne pas dire impossible, d'augmenter encore leur taux, sauf à vouloir casser la machine économique. Et puis, les comparaisons internationales montrent même que la Belgique devrait encore baisser l'impôt des sociétés.

L'immobilier pourrait également être encore un peu plus taxé, mais il faudra voir ce que fera la coalition suédoise ou les Régions sur ce plan là. Sachant que le Belge a une brique dans le ventre, les hommes politiques n'évoquent ce sujet qu'avec beaucoup de réticences. Ils savent que c'est un sujet suicidaire politiquement.

Il reste donc la taxation du capital, sous une forme ou une autre. Là, sur le plan politique, c'est plus facile à vendre, car le capital et la finance ont mauvaise presse depuis le crise. Ce qui serait le plus étonnant, ce serait de voir une coalition de droite être à l'origine de cette taxation du capital. Le pire, c'est que cette "suédoise" est auscultée au millimètre près par l'opposition socialiste du sud comme du nord !

Encore récemment, Johan Vande Lanotte, l'ancien ministre socialiste flamand, a très ironiquement attaqué la coalition suédoise en disant que celle-ci va sans doute bientôt se présenter devant les citoyens en disant que les efforts seront à 70% réalisés sous forme de diminution des dépenses et 30% seulement sous forme de nouvelles taxes. Mais Johan Vandelanotte ne croit pas à ces pourcentages, qui sont un leurre selon lui. Pourquoi ? Parce que, dit-il, quand vous diminuez le budget des universités, vous les forcez à augmenter le prix du minerval. Et ça, ça touche les citoyens autant qu'une taxe. Idem si les crèches sont obligées d'augmenter leurs tarifs. Cela équivaut aussi à une taxe. Ce qu'il veut dire par là, c'est que les citoyens seront dupés. Que derrière la baisse des dépenses, il y a en réalité des taxes déguisées. Voilà, le débat est déjà lancé et il risque d'être vif entre les socialistes et une coalition suédoise au pied du mur qui devra prendre des mesures difficiles, qui n'ont pas été prises par le gouvernement précédent...

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