Pour ou contre une hausse de la TVA ?

02/02/12 à 18:29 - Mise à jour à 18:29

Source: Trends-Tendances

Le gouvernement cherche 2 milliards d'euros pour le 25 février. Il songe à faire monter la TVA de 21 % à 22 %. Inacceptable pour les secteurs du commerce et de la construction. La "moins mauvaise solution" pour les indépendants...

Pour ou contre une hausse de la TVA ?

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Le gouvernement est à la recherche de 2 milliards pour le conclave budgétaire du 25 février. Une des pistes est l'augmentation de la TVA de 21 % à 22 %. Cette idée, suggérée mercredi par le sénateur socialiste Philippe Moureaux, a suscité des réactions contrastées. La fédération du commerce et des services en Belgique, Comeos, et le secteur de la construction rejettent la proposition, tandis que le Syndicat neutre pour indépendants estime qu'il s'agit de "la moins mauvaise" solution.

CONTRE : le secteur du commerce

Le commerce est résolument opposé à une hausse de la TVA, indique jeudi Comeos : "La mesure coûtera finalement plus à notre société qu'elle ne lui rapportera. L'augmentation entraînera des coûts salariaux en hausse, une consommation en berne et des clients délaissant notre pays pour leurs courses, soit un bilan particulièrement négatif."

En Belgique, la pression de la TVA est déjà supérieure à la moyenne européenne, argumente Comeos : "Les pays voisins ont une TVA moins élevée et peuvent donc vendre moins cher, prolonge Dominique Michel, administrateur délégué de la fédération. Les Pays-Bas et l'Allemagne ont un taux de 19 % et la France de 19,6 %. Chaque année, nous perdons déjà 2,5 milliards d'euros de recettes parce que de plus en plus de Belges franchissent la frontière pour faire leurs achats. Une nouvelle hausse de la TVA affaiblirait encore plus notre position concurrentielle."

Autre argument avancé par Comeos : les salaires. "En France, la hausse de la TVA sera liée à une baisse des charges salariales, précise Dominique Michel. A partir d'octobre, le taux de TVA passera à 21,2 %, mais couplée à cette diminution des charges salariales, c'est une mesure économique qui doit faire croître la productivité. En Belgique, il s'agit d'une intervention purement fiscale - car l'autre élément passe complètement à la trappe. La hausse de la TVA accentuerait dès lors l'inflation, après quoi l'indexation automatique des salaires ferait à nouveau flamber les charges salariales. Nos coûts salariaux sont déjà 15 % plus élevés que dans les pays voisins - la différence devient intenable pour les entreprises."

CONTRE : le secteur de la construction

"Augmenter la TVA est la mesure la plus inadéquate qui soit, estime de son côté la Confédération Construction.

"Si 1 % de TVA peut sans doute rapporter un milliard de recettes fiscales à l'Etat, cette augmentation fera également augmenter l'inflation de 1,2 %, réduira la croissance de 0,2 % et mettra en péril 25.000 emplois", déclare la confédération, sur base de chiffres du Bureau du plan.

En outre, "dans la construction en particulier, l'augmentation de la TVA entraînerait une recrudescence du travail au noir".

MITIGES : les indépendants

Augmenter la TVA de 21 % à 22 % ? "Bien que cette piste soit loin d'être idéale, il s'agit de la solution la moins mauvaise, à condition qu'on fasse bien attention de ne pas augmenter la TVA sur des produits courants et essentiels, estime Christine Mattheeuws, présidente du Syndicat neutre pour indépendants. Il s'agit d'une taxe qui vise le consommateur. En tout cas, il est hors de question d'appliquer d'autres remèdes, comme l'augmentation des cotisations sociales ou les impôts sur le revenu des personnes physiques. Cette mesure ne peut paralyser notre économie !"

D'autres voix rejettent une augmentation de la TVA, mais veulent, en revanche, augmenter les cotisations sociales ou les impôts sur le revenu des personnes physiques. Pour le SNI, "il est hors de question de faire cela. Les entrepreneurs n'ont vraiment pas de marges pour des cotisations ou des taxes élevées."

Trends.be, avec Belga

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