Pour la Grèce, l'UE "n'a pas compris sa force face aux marchés"

12/02/10 à 16:19 - Mise à jour à 16:19

Source: Trends-Tendances

Ce sont les mots de Georges Papandreaou, le Premier ministre grec, qui regrette que son pays soit un "cobaye". Au lendemain du sommet européen qui n'a accordé à Athènes qu'un soutien de principe, voici les réactions les plus marquantes. Du plus amer au plus égoïste.

Pour la Grèce, l'UE "n'a pas compris sa force face aux marchés"

© Epa

Le plus amer... Georges Papandreou, Premier ministre grec
"Mon sentiment est que l'Europe n'a pas encore compris sa force pour élaborer des règles et des politiques pour faire face aux marchés internationaux", selon Georges Papandreou. Se référant aux efforts de la Grèce pour sortir de la crise, le Premier ministre grec a estimé que l'UE avait donné "son soutien politique" au plan de redressement des finances grecques, déplorant toutefois que "la lutte contre la psychologie des marchés manquait pour le moins d'audace". Et de poursuivre : "La Grèce n'est pas une super-puissance économique, ni politique, capable de mener cette lutte toute seule. Il y a eu un manque de coordination entre les différents organes de la Commission européenne, de l'UE et de la Banque européenne centrale, il y a eu même des divergences au sein de ces organes. Devant un phénomène sans précédent dans la zone euro, nous sommes plutôt devenus des cobayes dans une bataille entre les marchés internationaux et l'Europe, on a vu de nombreux médecins avec des prescriptions différentes."

Le plus "donneur de leçons"... Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE
Le gouvernement grec doit "mettre de l'ordre dans sa propre maison", selon l'allemand Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE, dans une interview au Spiegel. Les mesures d'austérité annoncées jusqu'ici "sont un minimum absolu qui doit maintenant être mis en oeuvre, et il faudra en faire plus étant donné la nette détérioration de la situation". Une aide bilatérale, comme celle d'une aide de l'Allemagne à la Grèce, serait "contre-productive ou très difficile à concilier avec les principes de l'Union monétaire".

Celui qui positive le plus... Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères
"Si nous empêchons la contagion de la Grèce à d'autres pays, nous aurons démontré que le système de l'euro est fort et crédible", selon le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

Le plus choqué... Henri Emmanuelli, député PS (France)
"Ces milieux financiers que les gouvernements ont aidés quand ils avaient des difficultés sont en train de spéculer contre les Etats, de mordre la main qui les a sauvé. Cela me choque beaucoup que les Etats ne réagissent pas, car il n'est pas si difficile que cela de repérer les plus gros spéculateurs", selon Henri Emmanuelli, député PS.

La plus égoïste... Le Frankfurter Allgemeine Zeitung
"Les Allemands doivent-ils à l'avenir partir en retraite non plus à 67 ans mais à 69 ans pour que les Grecs puissent profiter de leur préretraite ?", demande le Frankfurter Allgemeine Zeitung à propos d'un éventuel plan de renflouement de la Grèce.

Trends.be, L'Expansion.com

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