Politique: les sujets tabous de la campagne le sont-ils restés?

20/10/14 à 13:18 - Mise à jour à 14:08

Source: Trends-Tendances

Avant les élections, "Trends-Tendances" épinglait 10 sujets tabous dans les programmes des partis politiques en campagne. Cinq mois plus tard, qu'en est-il des promesses électorales qui enrobaient ces thématiques sensibles ?

Politique: les sujets tabous de la campagne le sont-ils restés?

© Getty

LA TVA

L'accord de gouvernement fédéral stipule que "la base imposable pour la perception de la TVA sera élargie". Avant les élections, les promesses de campagne des différents partis portaient cependant sur la fixation de nouveaux taux réduits de TVA. C'est donc finalement l'inverse qui sera pratiqué afin de financer la baisse des charges sur le travail. Différents secteurs verront ainsi leurs taux modifiés : le taux réduit de 6 % sur la rénovation d'habitations privées concernera uniquement les biens de plus de 10 ans (au lieu de cinq ans précédemment) et l'exemption de TVA pour le secteur de la chirurgie esthétique sera purement et simplement supprimée.

LES PENSIONS

De tous les partis francophones, seul le FDF avait proposé de relever l'âge légal de la pension à 67 ans. Une idée pourtant reprise par le gouvernement Michel 1er qui vient d'acter la mesure : les travailleurs partiront à la pension à 66 ans à partir de 2025 et à 67 ans à partir de 2030. Si cela était un tabou, on peut dire qu'il a volé en éclats. De même, un système de pensions "à points" sera introduit conformément aux recommandations formulées par la Commission des pensions et la durée des carrières sera progressivement portée à 45 ans. A noter encore dans l'accord : "Le gouvernement étudiera les modalités permettant une prise de pension partielle". Assortie d'une révision des barèmes, cette réforme devrait permettre de financer à terme notre système de pensions que l'on sait menacé par le vieillissement.

LE DESTIN DE BELFIUS

"Le gouvernement veillera à valoriser les participations dans le secteur financier au moment opportun et de manière judicieuse", envisage l'accord du gouvernement fédéral. Il n'aura toutefois pas fallu attendre bien longtemps pour briser le tabou et en savoir davantage sur les intentions de la nouvelle coalition à propos de Belfius (propriété à 100 % de l'Etat belge). L'encre de l'accord à peine sèche, le tout nouveau ministre des Finances Johan Van Overtveldt (N-VA) a en effet affirmé vouloir privatiser à terme l'institution, pour autant que la vente se fasse dans des conditions de marché favorables. Pas question donc pour lui de faire de Belfius une vraie banque publique comme l'était en son temps le Crédit Communal : l'Etat ne doit pas jouer au banquier.

Pour rappel, les activités bancaires de l'ex-groupe Dexia avaient été acquises par l'Etat lors de sa chute en octobre 2011. Une nouvelle équipe de direction travaille au redressement de la banque et dispose encore de deux ans pour la remettre définitivement sur les rails. Deux années durant lesquelles, estime Johan Van Overtveldt, le sort de Belfius pourrait être néanmoins scellé. Le scénario d'une introduction en Bourse (partielle ou totale) est dans l'air, histoire d'éviter l'acquisition de Belfius par une grande banque étrangère ou un bain de sang social qu'occasionnerait la cession de l'enseigne à un concurrent belge (KBC ou ING).

Retrouvez les autres sujets tabous dans le magazine Trends-Tendances de cette semaine.

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