Plan Marshall: un jury à un million d'euros

02/07/15 à 22:47 - Mise à jour à 03/07/15 à 16:09

Source: Trends-Tendances

Les projets remis par les entreprises dans le cadre du Plan Marshall sont évalués par un jury indépendant et non-politisé. Cette optique a un coût: 1,1 million d'euros pour la rémunération et le défraiement des 11 membres du jury au cours de la législature.

Plan Marshall: un jury à un million d'euros

Jean-Claude Marcourt, vice-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles © BELGA/Laurie Dieffembacq

Le gouvernement wallon a approuvé ce jeudi la composition du jury indépendant, chargé d'évaluer les projets remis par les entreprises et les centres de recherche dans le cadre des pôles de compétitivité du Plan Marshall. Les onze membres sont nommés jusqu'en octobre 2019. Leurs émoluments totaux s'élèveront à 1,128 million d'euros (dont 198.000 en défraiements, car quatre membres ne vivent pas en Belgique), apprend-on dans la note au gouvernement du ministre de l'Economie, Jean-Claude Marcourt (PS). Ce montant est calculé sur base de 7 jours de réunion plénière par an et la participation à deux missions internationales. Il fallait, précise le ministre, " un système de rémunération attractif [pour] s'assurer de la disponibilité de personnes de qualité ".

A ces 1,1 million d'euros, il faut ajouter la facture de PwC pour la sélection et l'accompagnement de ce jury, soit 470.000 euros. Une somme coquette, alors qu'il s'agit de reconduction pour 9 des 11 membres... Le consultant peut également réclamer 726 ¤/dossier, le gouvernement a dès lors provisionné un total de 510.000 euros en frais de consultance. Nous en arrivons ainsi à plus de 1,6 million d'euros consacrés au jury des pôles de compétitivité jusqu'en 2019.

Luc Vansteenkiste reconduit

L'ancien président de la FEB et CEO de Recticel, Luc Vansteenkiste, a été reconduit à la présidence du jury. Bien que l'homme occupe la fonction depuis 2006 à la satisfaction générale, sa reconduction n'était pas acquise. En cause: un système d'argent noir au sein du groupe Recticel, entre 2000 et 2010, quand Luc Vansteenkiste en était le CEO, révélé par le quotidien De Standaard. Cette caisse noire servait à accorder un bonus non taxé à certains employés du groupe. L'intéressé nie avoir bénéficié personnellement de cet argent et assure que tout a été régularisé depuis.

Dans le jury, on retrouve six personnes issues de l'industrie, trois experts thématiques et deux professeurs d'université spécialisés dans l'économie régionale. L'intention est clairement de remettre les choix de subsidiation des projets dans les mains de personnalités dotées d'une réelle expérience industrielle, plutôt que dans celles des responsables politiques. En dressant leur bilan l'an dernier, les responsables des pôles de compétitivité ont assuré n'avoir rencontré aucune intervention politique en vue de la labellisation de tel ou tel projet.

Soutien à l'économie circulaire

Cette semaine, le jury a validé 13 projets portant sur un investissement total de 27 millions d'euros. L'un concerne la fabrication de pièces de moteur d'avion par imprimante 3D et un autre la réalisation de revêtements ultra-étanches, à partir du recyclage de verre plat. On s'inscrit là dans l'économie circulaire, mise en avant dans le Plan Marshall 4.0.

Deux des projets labellisés cette semaine sont dits " d'investissement " car ils se situent au-delà de la phase de recherche et démarrent le processus de production et de commercialisation.

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