Plan d'aide au Portugal : "Dur mais nécessaire et juste"

05/05/11 à 14:38 - Mise à jour à 14:38

Source: Trends-Tendances

Tout le monde s'accorde à dire que le plan d'aide de 78 milliards d'euros au Portugal nécessitera des "efforts majeurs" de la population portugaise. Car les contreparties sont lourdes, très loudes.

Plan d'aide au Portugal : "Dur mais nécessaire et juste"

© Bloomberg

Le programme d'aide financière au Portugal, négocié avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international, table sur une contraction du PIB "d'environ 2 % en 2011 et 2012", avant une reprise en 2013, a annoncé jeudi Fernando Teixeira dos Santos, ministre portugais des Finances.

Le ministre présentait jeudi matin le programme d'aide financière du Portugal qui s'étalera sur une période de trois ans et d'un montant global de 78 milliards. "Ce montant devrait permettra de couvrir nos besoins. Les besoins de financement ont été scrupuleusement étudiés et l'on ne se serait pas mis d'accord sur un montant de financement insuffisant."

Interrogé sur les conditions de cette aide, Fernando Teixeira dos Santos a assuré qu'il était "prématuré de parler de taux d'intérêt". Les taux seront calculés en fonction "d'une formule définie par l'Ecofin (Ndlr, qui regroupe les ministres des Finances de l'UE). Cela dépendra des taux d'intérêt du marché auxquels se financeront nos bailleurs."

Le Portugal a enregistré une croissance de 1,4 % en 2010, après une année de récession en 2009 dans le sillage de la crise financière. Le "chômage devra progresser jusqu'à 13 % en 2013, reculant ensuite les années suivantes", a précisé Fernando Teixeira dos Santos.

Après l'annonce, mardi soir, d'un accord entre le gouvernement démissionnaire et la mission internationale, Fernando Teixeira dos Santos a précisé que le programme d'aide de l'UE et du FMI avait été, jeudi matin, "approuvé en conseil des ministres".

A l'instar du CDS, parti minoritaire de droite, le Parti social-démocrate (PSD, centre-droit), principale formation de l'opposition portugaise, devrait annoncer officiellement jeudi son soutien au plan d'aide. Le consensus politique élargi est l'une des exigences de la troïka UE-BCE-FMI qui souhaite obtenir des garanties sur la mise en oeuvre de ce programme, quelle que soit l'issue des élections législatives anticipées du 5 juin, convoquées après la démission du Premier ministre socialiste, José Socrates.

Portugal : un programme "dur mais nécessaire et juste", selon la mission de l'UE

Le plan d'aide financière négocié par le Portugal avec l'UE et le FMI est "dur mais nécessaire et juste", a estimé jeudi à Lisbonne Jürgen Kröger, chef de la mission de la Commission européenne, en présentant les détails du plan d'aide au Portugal lors d'une conférence de presse à Lisbonne, aux côtés du Danois Poul Thomsen, représentant du FMI, et de Rasmus Rüffer, responsable de la Banque centrale européenne.

"Nous reconnaissons que ce programme nécessitera des efforts majeurs de la population portugaise, ont déclaré Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques, et Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international, dans un communiqué. Dans ce contexte, nous soutenons vivement l'intention des autorités de protéger les groupes les plus vulnérables et d'assurer qu'il sera mis en place d'une manière socialement équilibrée."

"L'un des objectifs de l'aide extérieure substantielle accordée est d'aider à réduire les coûts sociaux des changements économiques qui sont nécessaires pour construire un meilleur avenir pour le pays, ont-ils ajouté. Le succès du programme demandera un effort vraiment national."

L'enveloppe accordée par les pays européens et le FMI comprend notamment, en contrepartie, une réduction des retraites supérieures à 1.500 euros, un repli des dépenses de santé, une hausse de la TVA sur certains produits, une baisse de la durée et du montant des allocations chômage, ainsi que des réformes de la législation du travail, un fonds destiné à renflouer les banques en cas de besoin et un vaste programme de privatisations. Le programme comporte également des mesures destinées à favoriser la compétitivité des entreprises, comme la baisse de certaines charges sociales.

"L'économie portugaise fait face à des défis économiques considérables et nous pensons que les pas courageux qui sont en train d'être faits lui permettront de revenir sur la bonne voie", ont encore apprécié Dominique Strauss-Kahn et Olli Rehn, qui ajoutant avoir "toute confiance" dans le Portugal.

Trends.be, avec Belga

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