Piketty: "Entre 2009 et 2014, la Grèce est le pays qui a le plus réduit son déficit"

03/07/15 à 14:19 - Mise à jour à 14:21

Source: Trends-Tendances

L'économiste français Thomas Piketty était interviewé cette semaine sur BFMTV. Il est revenu sur plusieurs sujets d'actualité dont le traité transatlantique, l'affaire Snowden ainsi que sur la dette grecque.

Piketty: "Entre 2009 et 2014, la Grèce est le pays qui a le plus réduit son déficit"

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L'auteur de l'ouvrage à succès Le Capital au XXIe siècle n'a pas mâché ses mots sur la proposition des créanciers à la Grèce, il a notamment donné son avis sur le référendum organisé ce dimanche. "Si la question posée est : "Est-ce que le plan des créanciers est bon ou pas", si c'est ça la question posée, pour moi la réponse est claire : c'est un mauvais plan", déclare-t-il.

L'économiste français a également abordé le soi-disant manque de volonté de Tsipras de participer aux discussions avec les européens : "La Grèce est le pays qui, entre 2009 et 2014, a le plus réduit son déficit (...) et c'est là qu'on en vient à la situation actuelle et au mensonge des Européens vis-à-vis de la Grèce. Depuis 2014, la Grèce est en léger excédent primaire, ce qui veut dire que les Grecs payent un peu plus d'impôts que ce qu'ils reçoivent en dépenses publiques. Les Européens, en 2012, avaient promis que quand les Grecs seraient en excédant primaire, alors il y aurait une négociation pour la restructuration de la dette. Et là, les Européens au cours de l'année 2014, on en fait dit : "On en parlera plus tard". Depuis six mois, les gouvernements européens continuent de dire ça. (...) Il faut que les dirigeants européens, en commençant par Hollande et Merkel, prennent leurs responsabilités et disent clairement que la restructuration de la dette, ce n'est pas pour après demain, c'est pour maintenant."


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Piketty est le cosignataire d'une lettre ouverte publiée cette semaine par le Financial Times et d'autres économistes et chercheurs de renom, dont le prix Nobel américain Joseph Stiglitz, ils ont demandé aux Européens de faire de la Grèce une "belle histoire".

"On est tout près d'une grande catastrophe: ouvrir cette boîte de Pandore d'un pays sortant de la zone euro c'est une erreur qui serait dramatique, historique", a aussi estimé Piketty, dans un entretien à la radio Europe 1.

L'économiste français vedette, connu pour ses travaux sur les inégalités, a jugé par ailleurs que "les gouvernements français, allemand, les autorités de Bruxelles ont toujours refusé d'aborder la question importante qui est la restructuration d'ensemble de la dette grecque et d'ailleurs d'autres pays européens très endettés comme le Portugal et l'Italie."

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