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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

29/12/14 à 14:57 - Mise à jour à 14:57

Peu de cinémas aux Etats-Unis ont osé programmer le film de Sony

Les médias ont beaucoup parlé du piratage informatique de la société Sony par des pirates en provenance de Corée du Nord. Ceux-ci voulaient empêcher la sortie d'un film satirique sur le dictateur nord-coréen. En réalité, on en a surtout parlé pour de mauvaises raisons... Notamment du fait que les emails échangés, entre la direction de Sony Etats-Unis et des tierces personnes, montrent qu'à Hollywood on s'auto-congratule en public mais qu'on se dit ou s'écrit des rosseries en privé !

Peu de cinémas aux Etats-Unis ont osé programmer le film de Sony

© BELGAIMAGE

Mais à la limite, ce n'est pas nouveau, tout le monde sait que Hollywood est un nid de vipères. En revanche, ce que l'on sait moins, et c'est George Clooney qui a vendu la mèche, c'est que très peu de cinémas aux Etats-Unis ont osé malgré tout programmer ce film satirique sur la Corée du Nord. C'est moins en raison des menaces des pirates informatiques que de la peur des clients américains. En effet, les avocats ont averti les propriétaires de cinéma qu'en cas de problème, les spectateurs pouvaient se retourner contre eux. Donc, s'il y a eu censure, elle est d'abord liée au fonctionnement du système judiciaire américain !

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On a surtout parlé du piratages de Sony pour de mauvaises raisons... Très peu de cinémas aux Etats-Unis ont osé programmer ce film satirique sur la Corée du Nord, moins en raison des menaces des pirates informatiques que de la peur des clients américains.

L'autre leçon de cette attaque, c'est qu'à l'inverse des autres cyber-attaques qui se contentaient d'infiltrer un système informatique pour voler des données confidentielles, comme les numéros de cartes de crédit, par exemple, l'attaque sur Sony est autrement plus vicieuse. Non seulement, la cyber-attaque a révélé des informations délicates sur les fournisseurs, sur les salaires de la direction, sur les emails échangés, y compris les blagues racistes sur Barack Obama, mais en plus, on a appris que ce logiciel intrus était un logiciel "effaceur"! Autrement dit, un logiciel pirate qui supprime et abîme les ordinateurs.

Et donc, vous avez compris, le danger c'est que demain, lorsqu'un groupe terroriste ou un Etat ne sera pas content de la politique d'un autre pays, il pourra attaquer les banques ou d'autres entreprises sensibles du pays comme un réacteur nucléaire...

Et ne pensez pas que c'est de la science-fiction, lorsque les Israéliens et les Américains ont saboté via un virus les centrales nucléaires iraniennes, afin de tenter de retarder d'un an ou deux la possibilité de disposer de l'arme nucléaire, la riposte ne s'est pas fait attendre. Les services iraniens, du moins, c'est ce que pensent certains analystes, auraient paralysé via un virus informatique les 3.000 ordinateurs de la plus importante compagnie pétrolière d'Arabie Saoudite (Aramco) !

Oui, le danger du piratage de Sony, et de son succès médiatique, font que cette opération pourrait servir de modèle à d'autre. Voilà pourquoi les entreprises sensibles comme, par exemple, les banques sont obligées de renforcer leur sécurité informatique.

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