Pétrole : la demande pourrait chuter en 2011

10/09/10 à 11:14 - Mise à jour à 11:14

Source: Trends-Tendances

"L'incertitude concernant une nouvelle récession dans l'OCDE persiste" et l'année 2011 "présente un risque de révision à la baisse des prévisions de demande encore plus important", prévient l'Agence internationale de l'énergie, bras énergétique de l'OCDE.

Pétrole : la demande pourrait chuter en 2011

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L'Agence internationale de l'énergie a légèrement revu à la hausse (de 50.000 barils par jour) vendredi sa prévision de demande mondiale de pétrole pour 2010 mais l'a laissée inchangée pour 2011, soulignant les incertitudes croissantes qui planent sur la reprise.

Dans son rapport mensuel, l'AIE, qui représente les intérêts des pays industrialisés, estime que la planète devrait consommer cette année 86,6 millions de barils par jour (mbj), soit 1,9 mbj de plus qu'en 2009 (+ 2,2 %). L'agence s'avère ainsi légèrement plus optimiste que l'Opep qui, jeudi, chiffrait cette même consommation mondiale à 85,5 mbj en 2010.

Le petit surplus envisagé provient essentiellement des pays riches membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont l'AIE est le bras énergétique. Ceci dit, la croissance de la demande de pétrole en 2010 et 2011 provient presque entièrement des pays émergents.

L'an prochain, la consommation d'or noir devrait atteindre 87,9 mbj, soit 1,3 mbj de plus qu'en 2010 (+ 1,5 %), contre une estimation de l'Opep fixée à 86,6 mbj.

L'agence souligne que, dans l'ensemble, le marché, tout comme ses prévisions, sont stables depuis un an. Elle estime néanmoins que "l'incertitude concernant une nouvelle récession dans l'OCDE persiste" et que l'année 2011 "présente un risque de révision à la baisse (des prévisions de demande) encore plus important", lié à l'éventualité d'un coup d'arrêt de la reprise de l'économie mondiale.

Le pétrole échoue sous 76 dollars puis finit en baisse à New York

Les prix du pétrole se sont repliés jeudi à New York, le baril finissant à un peu plus de 74 dollars, après avoir échoué au seuil de la barre des 76 dollars malgré un recul inattendu des stocks de pétrole aux Etats-Unis. Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de light sweet crude pour livraison en octobre a ainsi terminé à 74,25 dollars, en recul de 42 cents par rapport à la veille.

"C'est un cas classique d'un marché qui n'a pas réussi à soutenir sa progression", analyse Tom Bentz chez BNP Paribas. Dans un premier temps, le marché avait été porté par la publication, après la clôture de mercredi, des chiffres des industriels américains du pétrole (API) rapportant une chute des stocks de brut de 7,3 millions de barils la semaine passée. La forte baisse des nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage aux Etats-Unis avait confirmé la progression du marché, avec 451.000 nouvelles demandes d'allocations contre 470.000 attendu.

L'avance du marché s'est cependant essoufflée au fur et à mesure de la séance. "Lorsque les chiffres du département de l'Energie sont sortis, ils se sont révélés clairement moins positifs pour les prix que ceux de l'API", observe Tom Bentz.

Selon ces chiffres, les stocks de brut ont diminué de 1,9 million de barils la semaine passée, enregistrant un recul alors que les réserves sont au plus haut depuis au moins deux décennies, ce qui maintient les prix sous pression aux Etats-Unis. Le chiffre était plus positif que le million de barils supplémentaires attendu par les analystes interrogés par l'agence Dow Jones, mais bien inférieur au rapport de l'API.

Le repli des réserves d'essence (- 200.000 barils) au cours de la dernière semaine des vacances d'été s'est quant à lui révélé bien moindre que prévu (800.000 barils anticipés), et le recul surprise des stocks de produits distillés, qui comprennent le gazole et le fioul de chauffage, n'a pas suffi à justifier une hausse des cours. "Si l'on inclut tous les autres produits pétroliers, les réserves totales de pétrole et de produits pétroliers ont augmenté de 200.000 barils, à un nouveau sommet", relève Nic Brown chez Natixis.

Trends.be, avec Belga

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