Pensions: pour la FEB, il faut aller au fond des réformes

08/09/14 à 17:30 - Mise à jour à 09/09/14 à 15:35

Source: Le Vif

La Fédération des Entreprises de Belgique (FEB) fait un appel au nouveau gouvernement pour qu'il réduise certaines dépenses de la Sécurité Sociale. L'organisation tire la sonnette d'alarme contre l'effet grandissant du coût de vieillissement. Les dépenses sociales s'élèveront 4% dans les 15 prochaines années, jusqu'à atteindre presque un tiers du PIB.

Pensions: pour la FEB, il faut aller au fond des réformes

© Belga

La FEB pointe du doigt le gouvernement d'Elio Di Rupo en signalant qu'il a pris des décisions "très ciblées et de petite envergure", dont l'impact est rapide mais limité. En ce qui concerne la Sécurité Sociale, l'organisation considère comme une erreur le fait qu'en période de crise économique, le gouvernement ait maintenu la croissance des dépenses sociales, avec comme conséquence des allocations augmentant plus vite que les salaires. Les dépenses de santé ont aussi été maintenues à un niveau trop élevé, d'après le représentant des entreprises.

Cette situation a été possible grâce à un transfert financier des pouvoirs fédéraux pour que la sécurité sociale reste en équilibre. Le déficit de la sécurité sociale atteindra 5,5 milliards d'euros en 2014, trois milliards de plus qu'en 2010. Avec le transfert des compétences, la sécurité sociale va perdre des revenus, que l'ONSS-gestion globale estime à 8,7 milliards d'euros. Le déficit va donc continuer à augmenter jusqu'à atteindre 8,5 milliards en 2019.

L'organisation met en garde par rapport aux coûts croissants du vieillissement. Selon le Bureau fédéral du plan, actuellement, pour chaque personne de plus de 65 ans, il y a 4 en âge de travailler. En 2020, il y aura 3 personnes actives contre une de plus de 65 ans, et finalement ce rapport va se réduire à 2 personnes en âge de travailler contre une de plus de 65 ans en 2050. Le fait que les "baby-boomers" arrivent à l'âge de la retraite, que le taux de natalité reste faible et que l'espérance de vie augmente, permettent d'expliquer cette écroulement.

Ceci aura pour conséquence que le coût de pensions pèsent de plus en plus sur le totale des dépenses sociales. Elles passeront de 22,2 milliards d'euros en 2014 à 25,6 en 2019. La cause principale de cette accroissement ? Les 260.600 pensionnés qui vont s'ajouter au système d'ici 2019. Selon l'analyse de la FEB, les indemnités maladie-invalidité vont atteindre le même niveau que celles de l'Onem à cause de la hausse du nombre d'effectifs. Les dépenses sociales représentent aujourd'hui 26,4% du PIB. Selon les estimations elles augmenteront jusqu'à 30% en 2030 et atteindront un pic d'un tiers du PIB en 2040.

La FEB encourage le prochain gouvernement à prendre des mesures qui permettent une réforme plus en profondeur. Pour le court terme, la FEB préconise d'éviter que les allocations sociales augmentent plus vite que les salaires, et de diminuer le gaspillage dans le secteur des soins de santé, que l'organisation estime en 10%. Pour le long terme, le système belge doit être revu. Selon la FEB, c'est le modèle scandinave qui s'y prête le mieux car il associe un taux d'emploi élevé et une faible inégalité, grâce à une forte redistribution des revenus.

Pour cela, il faudra que le marché de travail belge adopte la "flexicurité", qui combine une flexibilité de licenciement pour les entreprises et une sécurité pour le salarié, au travers d'indemnités plus importantes et plus longues dans les temps. La formation continue est l'autre facteur prioritaire, estime l'organisation. La FEB considère que la Belgique pourrait s'inspirer des réformes menées par l'Allemagne au début des années 2000. A l'époque, touché par la crise, le pays voisin a introduit des changements tels que la stimulation du travail temporaire, ne délimitant plus la durée maximale des contrats et en mettant sur un pied d'égalité les rémunérations des travailleurs à temps partiel avec celles des salariés à temps plein. Les pouvoirs du service public de l'emploi ont été transférés aux entités fédérées et l'accès aux indemnités de chômage est désormais sujet à plus d'exigences.

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