Panama Papers: Des services secrets ont utilisé les services de Mossack Fonseca

12/04/16 à 08:49 - Mise à jour à 08:49

Source: Belga

Des agents secrets de plusieurs pays, dont des intermédiaires de la CIA américaine, ont eu recours aux services du cabinet panaméen Mossack Fonseca, au coeur du scandale des "Panama Papers", afin de "dissimuler" leurs activités, rapporte mardi le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.

Panama Papers: Des services secrets ont utilisé les services de Mossack Fonseca

Le drapeau de la CIA. © REUTERS/Yuri Gripas

"Des agents secrets et leurs indicateurs ont utilisé dans une large mesure les services du cabinet" panaméen, écrit le quotidien de Munich (sud).

Selon la Süddeutsche, "des agents ont fait ouvrir des sociétés écran pour dissimuler leurs actions (...) Parmi eux figurent également des intermédiaires proches de la CIA", la centrale de renseignements américaine.

Dans la "clientèle" de Mossack Fonseca figurent ainsi "quelques acteurs" des ventes secrètes d'armes à l'Iran dans les années 1980 (dit "Iran-Contra"), un scandale portant sur des ventes secrètes d'armes américaines à Téhéran visant à faire libérer des otages américains au Liban et à aider financièrement les Contras nicaraguayens, affirme le journal.

Les "Panama Papers" montrent encore que "d'actuels ou d'anciens responsables de haut rang des services secrets d'au moins trois pays, (...) l'Arabie Saoudite, la Colombie et le Rwanda", figurent parmi les clients du sulfureux cabinet panaméen, écrit encore la Süddeutsche.

Parmi eux, le cheikh Kamal Adham, ancien responsable des renseignements saoudiens décédé en 1999, et qui "passait pour être dans les années 70 l'un des principaux interlocuteurs de la CIA" au Moyen-Orient, affirme le quotidien munichois.

Deuxième quotidien d'Allemagne en terme de ventes, la Süddeutsche Zeitung a reçu d'un informateur anonyme plus de 11 millions de documents issus du cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca et qui mettent en lumière les secrets financiers des riches et puissants du monde entier.

Le quotidien libéral de gauche a partagé cette mine d'informations avec le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), qui regroupe plusieurs dizaines d'organes dans le monde.

Les révélations de ces "Panama Papers" ont provoqué une onde de choc mondiale et conduit plusieurs pays à ouvrir des enquêtes afin d'identifier l'identité des fraudeurs présumés et les faits qui leur sont reprochés.

Clemaco, fournisseur de l'armée belge, figure aussi dans les Panama Papers

L'enquête des "Panama Papers" revèle que les sociétés Clemaco, fournisseurs et sous-traitant de l'armée belge, ont été placées en offshore, de même que la fortune de la famille Verdonck propriétaire des filliales, rappportent mardi Le Soir et De Tijd ayant participé avec Knack et MO* aux révélations orchestrées par l'International Consortium of Investigative Journalists.

Clemaco Contracting SA assure de la maintenance pour l'armée belge et Clemaco Tradding lui fournit du matériel. La société-mère de ces deux filliales est enregistrée aupès de la Banque nationale comme une société luxembourgeoise, Nasuco sarl. Par ailleurs, une troisième société ostendaise gérée en parallèle, la société-conseil Targets SA, renvoie elle aussi au Grand-Duché, vers la Mercurius Finance SA.

Derrière ces sociétés apparraissent Frank, Wim et Peter Verdonck, ainsi que Jan pour Targets SA. Leur père n'est autre que Willy Verdonck, décédé en 2011, ancien concessionnaire des casinos d'Ostende, Spa et Chaudfontaine, et l'ancien opérateur du Thermae Palace Hotel d'Ostende.

Willy Verdonck a regroupé dès 2008 le patrimoine famillial dans une fondation privée de droit panaméen détaille Le Soir. The Horizon Saturnus Foundation loge entre autre Quintail Inc., une autre fondation panaméenne chapeautant la totalité de l'actionnariat de Mercurius Finance SA (Luxembourg), qui elle-même possède la totalité de Nasuco SA (Luxembourg).

L'épouse de M. Verdonck, Maria Maldeghem, est devennue la bénéficiaire de substitution de Horizon Saturnus Foundation lors du décès de son époux, les quatre fils étant les bénéficiaires finaux, rapporte encore Le Soir.

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