On va enfin appliquer la loi sur la compétitivité

20/11/12 à 14:23 - Mise à jour à 14:23

Source: Trends-Tendances

Le volet compétitivité de l'accord budgétaire 2013 est considéré comme fort léger par Itinera. Son chief economist, Ivan Van de Cloot, le trouve très insuffisant. La correction du panier des produits pourraient même provoquer des surprises.

On va enfin appliquer la loi sur la compétitivité

© Image Globe

Le résultat des longs débats budgétaires n'ont pas débouché sur des changements importants sur le versant du coût salarial. Il n'y aura pas de saut d'index mais un gel des augmentations en 2013 et 2014 afin de corriger le dérapage des coûts de la main d'oeuvre avec les pays voisins. " En fait on va enfin appliquer la loi " ironise Ivan Van de Cloot, chief economist du think tank Itinera. " La législation sur la compétitivité de 1996 prévoyait de corriger les dérapages de compétitivité, cela n'avait jamais été fait. Les coûts sont supérieurs de 5,2% à ceux des pays voisins (France, Pays-Bas, Allemagne), soit 6,8 milliards d'euros pour le privé ".

Il n'est pas certain, en effet, que la compétitivité salariale soit vraiment corrigée. Le gouvernement espère y parvenir d'ici 2018. Pour y arriver, il faudrait coupler un gel des augmentation à une marge positive entre la croissance du PIB et l'inflation. Pour 2013, c'est manifestement exclu, car la production augmentera moins (+0,7%) que les prix (+1,6%), selon les dernières prévisions de la Commission européenne.

La correction du panier de l'index problématique ?

Sans doute y avait-il trop de partis autour de la table pour envisager une refonte de la loi sur la compétitivité. Pour la même raison, la hausse de la TVA ou un saut d'index n'étaient pas envisageables. Puis la compétitivité est une notion moins précise que celle de déficit budgétaire. Ce dernier est mesuré, sanctionné par la Commission européenne. La compétitivité, elle, se discute à l'infini. Elle n'est pas que salariale : il y a le niveau de gamme des produits vendus, la niveau de l'innovation, la qualité des infrastructures du pays, les autres coûts (énergies, taxes,...). Elle est invoquée lorsque des annonces de fermetures d'usines sont faites. Les syndicats contestent les chiffres avancés, en estimant qu'ils ne tiennent pas compte des mesures d'aides (travail de nuit,...) qui réduisent le coût salarial.

Outre le gel des augmentations, le gouvernement a aussi accepté de corriger le panier des biens et services utilisés pour l'indexation. " Il va y introduire les produits de marque distributeurs, qui sont moins chers " constate Ivan Van de Cloot, qui n'est pas sûr qu'il s'agisse d'une bonne idée. " Ce qui compte, ce n'est pas le prix, mais son évolution. Or les marques distributeurs tendent à bouger plus vite les prix quand les matières premières augmentent que les marques traditionnelles. On risque peut-être une surprise... "

Robert Van Apeldoorn

En savoir plus sur:

Nos partenaires