Lire la chronique d'Amid Faljaoui
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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

13/01/15 à 14:00 - Mise à jour à 14:08

"On ne laisse pas Platon attendre"

Le 25 janvier prochain, il y aura des élections en Grèce, et ces élections comme vous le savez pourraient ouvrir les portes du pouvoir au parti Syriza qui, en principe, n'hésitera pas à demander la fin de l'austérité pour les citoyens grecs et surtout l'effacement d'une bonne partie de la dette grecque.

"On ne laisse pas Platon attendre"

© istock

C'est cette éventualité qui rend nerveux les investisseurs car ils craignent que ce futur bras de fer, entre la Grèce et ses bailleurs de fonds, débouche sur une impasse, voire sur la sortie forcée de la Grèce de la zone euro.

Donc, dans ce débat, vous avez d'un côté les Allemands qui sont les principaux bailleurs de fonds de la Grèce et qui craignent de ne jamais revoir la couleur de l'argent qu'ils ont prêté aux Grecs. Or, les citoyens allemands sont déjà mécontents, car la crise force la banque centrale européenne à maintenir des taux d'intérêt très bas, et donc, les épargnants allemands se plaignent de cela car leur épargne, qui est colossale, n'est plus assez rémunérée. Et cela, ils le reprochent également aux Grecs.

Quant à ces derniers, eux, se plaignent de la manière dont l'Europe les a traités tout au long de cette crise. Comme ils ne peuvent pas sortir de l'euro, et donc avoir leur propre monnaie pour dévaluer et reprendre des couleurs, l'Europe avec l'aide du FMI leur a imposé une dévaluation interne. Autrement dit, les Grecs ont vu leurs salaires, leurs prestations sociales être rabotés très fortement...

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Mais 2015 n'est pas un remake de 2012, aujourd'hui, les économistes n'ont plus peur d'un éventuel départ de la Grèce de la zone euro.

Donc si vous lisez la presse des deux pays aujourd'hui, vous aurez l'impression de revenir en 2012 au moment du pic de la crise de la zone euro : les Allemands reprochent aux Grecs leur marché noir, leur corruption et leur système économique parallèle, quant aux Grecs, ils reprochent aux Allemands de se faire de l'argent sur leur dos via les prêts bien rémunérés qu'ils accordent à la Grèce !

Au fond, comme le faisait remarquer un observateur, les Allemands reprochent aux Grecs d'être Grecs et ceux-ci reprochent aux Allemands d'être Allemands ! Mais 2015 n'est pas un remake de 2012, aujourd'hui, les économistes n'ont plus peur d'un éventuel départ de la Grèce de la zone euro. Certains économistes comme Patrick Artus pensent que si Athènes quitte la zone euro, tout le monde s'en fichera car les risques de contagion ont fortement diminué en 3 ans ! C'est une vision sans doute trop optimiste et il vaudrait mieux qu'après le 25 janvier, une solution négociée soit trouvée.

Et dire que c'est un polytechnicien qui a fait entrer la Grèce dans la zone euro, ce brillant esprit, c'est Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien président de la République française qui avait justifié l'entrée de la Grèce dans l'euro en disant "On ne laisse pas Platon attendre". Sans commentaire.

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