Obama lance son offensive contre le chômage

09/09/11 à 15:08 - Mise à jour à 15:08

Source: Trends-Tendances

Le président américain propose de débloquer 300 milliards d'euros pour alléger les charges des entreprises, augmenter les aides aux chômeurs et lancer des investissements d'infrastructures. Mais les républicains font de la résistance.

Obama lance son offensive contre le chômage

© Reuters

Le président Barack Obama a présenté jeudi soir un plan emploi de 447 milliards de dollars destiné à donner un "électrochoc" à l'économie américaine, exhortant le Congrès, où ses adversaires républicains restent sceptiques, à l'adopter "immédiatement".

"Soyons à la hauteur des circonstances", a lancé M. Obama en dévoilant "l'American jobs act" (projet de loi pour l'emploi américain), un plan proposant 240 milliards de dollars d'allègements d'impôts et de charges sociales pour les PME, des mesures en faveur des chômeurs ainsi que des investissements dans les infrastructures afin de relancer l'activité.

Le but de ce texte "est simple : remettre davantage de gens au travail et mettre davantage d'argent dans les poches de ceux qui travaillent", a déclaré un président dont le pays fait face à un taux de chômage de 9,1%, héritage de la récession de 2007-2009 qui a détruit plus de huit millions d'emplois.

Emplois dans le bâtiment et l'enseignement

"Ce plan donnera un électrochoc à une économie qui a calé, donnera confiance aux entreprises sur le fait que si elles investissent et embauchent, il y aura des clients pour leurs produits et leurs services", a ajouté M. Obama face aux élus de la Chambre des représentants et du Sénat. A plusieurs reprises, M. Obama, très pugnace, a ponctué ce discours de présentation de son plan de l'exclamation : "vous devez l'adopter immédiatement !".

Ce dispositif "créera davantage d'emplois dans le bâtiment, dans l'enseignement, davantage d'emplois pour les anciens combattants, davantage d'emplois pour les chômeurs de longue durée", selon M. Obama, qui va devoir convaincre les républicains, majoritaires à la Chambre et dotés d'une minorité de blocage au Sénat, de voter ces mesures.

"Les habitants de notre pays travaillent dur pour faire face à leurs responsabilités. La question ce soir est de savoir si nous ferons face aux nôtres. La question est de savoir, si face à une crise nationale en cours, nous pouvons mettre un terme au cirque politique et faire quelque chose de concret pour aider l'économie", a dit M. Obama, candidat à sa réélection en novembre 2012.

Le président, qui a ferraillé avec acharnement avec les élus républicains au début de l'été pour obtenir un accord sur le relèvement du plafond de la dette et la réduction du déficit, a juré que ce nouveau plan serait "totalement financé".

Dans ce discours d'un peu plus d'une demi-heure et qui a été très applaudi, il a aussi annoncé qu'il rendrait public le 19 septembre "un plan de réduction de déficit plus ambitieux, un plan qui couvrira non seulement le coût engendré par cette proposition de loi pour l'emploi, mais qui stabilisera aussi notre dette à long terme".

Réactions hostiles

Avant même le discours, les républicains se sont montrés méfiants voire hostiles aux propositions du président. Après l'allocution, ils ont redoublé de critiques. "Nous devons savoir comment cela sera payé", s'est inquiété sur la chaîne de télévision CNN le sénateur John McCain.

Le républicain de Virginie Eric Cantor concède être d'accord avec plusieurs idées du Président. Comme celle de diminuer les taxes des petites entreprises. Mais il n'a pas supporté l'insistance d'Obama à voter le texte tel quel. "Cette attitude du prenez le ou quittez-le" critique Eric Cantor.

"Malheureusement la rhétorique ne remettra pas au travail une seule personne", a dit à la presse le représentant Steve Chabot. M. Chabot a indiqué que les élus examineraient le projet de loi du président, mais que "la réalité est que très peu (du projet) deviendra loi".

La représentante Michele Bachmann, candidate ultra-conservatrice à l'investiture républicaine pour l'élection présidentielle de 2012, a répondu au président dans une conférence de presse : "Le Congrès ne devrait pas seulement rejeter ce plan. Je dis: M. le président arrêtez. Votre dernier plan n'a pas marché et cela fait souffrir l'économie américaine".

"Nous sommes déçus que le président n'ait présenté aucune idée nouvelle", a quant à lui réagi un syndicat patronal de la construction, Associated Builders and Contractors (ABC). Pour la NAM, une des principales organisations d'industriels, "le président a malheureusement faux sur toute la ligne ce soir".

Les réactions ont toutefois été plus positives du côté du syndicat des employés de la métallurgie (USW) selon lequel ce plan est un "outil prometteur pour ramener les gens à avoir confiance dans la volonté d'action du gouvernement pour accélérer la croissance"

Tout comme dans la presse américaine. L'Editorial du New York Times évoque "le premier pas crutial afin de remettre l'économie à flots". "Ce plan est assez massif pour faire diminuer le chômage et assez large pour représenter un stimulus suffisant" dans la crise que traverse le pays, ajoute l'éditorial.

Dans le même journal, l'économiste Paul Krugman salue ce plan mais craint que "ce plan ne soit pas voté avec l'opposition constante" des républicains, même si "la situation des chômeurs s'est déséspérément dégradée."

Les 447 milliards évoqués par M. Obama sont à mettre en rapport avec le plan de relance massif qu'il avait promulgué un mois après son arrivée au pouvoir début 2009, dont le coût initial était de 787 milliards de dollars. Mais deux ans et demi plus tard, la situation sur le front du chômage, même stabilisée, reste préoccupante. L'économie américaine a détruit autant d'emplois qu'elle en a créé en août, mettant fin à dix mois consécutifs d'embauches nettes.

Ce chiffre, conjugué à d'autres indicateurs économiques à l'orange, alimente les craintes d'une replongée dans la récession. La popularité de M. Obama en pâtit, oscillant autour de 40% à moins de 14 mois de l'élection présidentielle. Peu avant le discours de M. Obama, la banque centrale des Etats-Unis (Fed) s'est dite prête à intensifier encore un peu plus son soutien monétaire à la reprise.

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