Nucléaire : la Belgique en état de "faiblesse volontaire" ?

25/03/11 à 15:07 - Mise à jour à 15:07

Source: Trends-Tendances

Le Premier ministre et son ministre de l'Energie auraient tenu à rassurer personnellement le patron de GDF Suez quant à une éventuelle "accise sur l'uranium". Les écologistes dénoncent un Etat qui se met lui-même dans une "position de faiblesse incompréhensible" face au secteur nucléaire.

Nucléaire : la Belgique en état de "faiblesse volontaire" ?

© Belga

Le premier ministre Yves Leterme et le ministre de l'Energie Paul Magnette ont reçu le 15 mars Gérard Mestrallet, PDG de GDF Suez, et Sophie Dutordoir, directrice d'Electrabel, pour les rassurer quant à la portée financière que pourrait avoir une accise sur l'uranium, écrit vendredi matin L'Echo.

Le gouvernement a demandé à la Banque nationale de Belgique de lui remettre une proposition de montant pour cette nouvelle accise. Or, comment un gouvernement peut-il rassurer GDF Suez et Electrabel sur ce montant alors même que les experts de la BNB n'ont pas encore terminé de le calculer ?, s'interroge L'Echo.

Pour les députés Ecolo/Groen! Olivier Deleuze et Kristof Calvo, "en se mettant dans cette position de faiblesse incompréhensible, le gouvernement belge agit contre ses propres intérêts et ceux de ses citoyens au profit du secteur nucléaire".

Les députés écolos veulent récupérer les "bénéfices indus" engrangés par Electrabel grâce au nucléaire

Les discussions sur la rente nucléaire se déroulent actuellement au Parlement fédéral. "Plusieurs partis, les écologistes en tête, réclament une augmentation de la contribution du secteur nucléaire au budget de l'Etat", rappellent les députés verts.

"A ce jour, le seul organisme public fédéral officiel chargé de contrôler les prix de l'électricité, la Creg, évalue les bénéfices réalisés par le secteur nucléaire entre 2,07 milliards et 2,228 milliards par an, exposent-ils. Tandis que le ministre de l'Energie ne cesse de contredire les chiffres de son propre régulateur, les écologistes souhaitent, compte tenu du fait que les centrales ont été amorties par les citoyens depuis belle lurette, que l'Etat récupère 1,5 milliard d'euros par an de cette rente."

Les deux députés rappellent les "énormes" efforts budgétaires à consentir et l'importance à leurs yeux d'aller chercher l'argent auprès de "ces bénéfices indus", non seulement afin d'épargner les politiques publiques, mais aussi pour permettre la mise en place d'une transition écologique de l'économie.

Cette transition passe par des investissements dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables, martèlent les deux députés.

Nucléaire : pour Leterme, l'objectif de la réunion avec les électriciens était d'"informer"

Le Premier ministre a assuré vendredi que la réunion qu'il a eue avec le ministre de l'Energie et les représentants de GDF Suez et d'Electrabel, le 15 mars dernier en plein exercice budgétaire, ne visait pas à "rassurer" les électriciens mais à les informer de l'état des discussions relatives à l'instauration d'une taxe sur l'uranium et, singulièrement, de "la position de l'Etat belge".

Pour ce qui concerne la taxe, "nous leur avons expliqué que nous attendions l'étude de la BNB sur la possibilité d'une marge complémentaire permettant l'instauration d'une taxe sur l'uranium tout en veillant à ce qu'il n'y ait pas de répercussion sur le consommateur", a précisé le cabinet Leterme, assurant qu'on "n'a pas parlé de chiffres". La preuve en est qu'aucun montant n'a été inscrit au budget, a précisé un porte-parole d'Yves Leterme.

Trends.be, avec Belga

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