Merkel tente de faire démarrer la voiture électrique en Allemagne

04/05/10 à 15:41 - Mise à jour à 15:41

Source: Trends-Tendances

Angela Merkel vient d'inaugurer la " Plate-forme nationale pour l'électromobilité " et rêve d'1 million de voitures électriques d'ici à 2020. Cette grande offensive sans soutiens financiers précis illustre avant tout le retard accumulé par les rois européns de l'automobile.

Merkel tente de faire démarrer la voiture électrique en Allemagne

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Angela Merkel vient d'inaugurer la " Plate-forme nationale pour l'électromobilité " et rêve d'1 million de voitures électriques d'ici à 2020. Cette grande offensive sans soutiens financiers précis illustre avant tout le retard accumulé par les rois européns de l'automobile.

Après s'être laissés distancer par Toyota et Cie pour la mise au point du moteur hybride, les rois européens de la grosse cylindrée à essence ne veulent pas se faire doubler sur le marché de la voiture électrique. Angela Merkel, qui aimerait que l'Allemagne devienne " le marché pilote de l'électromobilité ", et les constructeurs allemands ont donc concocté une initiative inédite en termes de coopération automobile : la " Plate-forme nationale pour l'électromobilité ", qui a été inaugurée lundi matin par une rencontre entre la chancelière et une trentaine de grands patrons du secteur de l'automobile et de l'énergie : " Il est faux de dire que l'automobile allemande a manqué le virage de la voiture électrique ", ont affirmé à cette occasion Dieter Zetsche, patron de Daimler, et Norbert Reithofer, patron de BMW, qui parlent de 20 milliards d'euros d'investissements dans la voiture électrique au cours de la prochaine décennie.

Pour que l'Allemagne devienne la nation qui " construira au XXIème siècle les automobiles les plus intelligentes et les moins polluantes ", comme l'espère Mme Merkel, sept groupes de travail et 150 experts plancheront donc sur le développement d'un réseau de stations services électriques, l'amélioration des piles et du stockage ou encore les conditions d'éclosion de ce nouveau marché. Après d'âpres tractations, la présidence de cette plate-forme a été finalement donnée à Henning Kagermann, ancien chef de l'informaticien SAP, précisément choisi parce qu'il n'appartient pas au lobby automobile.

Ce véritable " Grenelle " de l'automobile allemande est-il le départ d'une nouvelle révolution industrielle outre-Rhin ? D'aucuns en doute : " Merkel veut d'abord dissimuler les déficits de l'automobile allemande avec une grand-messe publicitaire", estime Renate Kunast, chef du parti écologiste. Quant à Peter Meyer, chef du puissant ADAC, le club automobile allemand qui réunit 17 millions d'adhérents, il pense que " cette manifestation n'a pas de sens si le consommateur est présent autour de la table ", a-t-il expliqué au quotidien Die Welt. Précisément, il n'a pas été convié à la séance inaugurale et a donc préféré annuler sa participation prévue à plusieurs tables rondes : " Nous ne suivons pas la mode de l'électrique sans être critique. Il faut avoir le droit de le répéter : les fabricants allemands sont en retard dans la fabrication de voitures électriques. Et les constructeurs nationaux ne seront pas capables de livrer dans un avenir proche ce que le client désire ", affirme-t-il.

Les conditions pour un décollage rapide de la voiture électrique allemande sont en effet loin d'être réunies. Malgré la présentation de prototypes et 190 projets soutenus par l'Etat, seul Volkswagen a annoncé la production en série d'une Golf électrique pour la fin 2013 alors que Peugeot, Renault ou Nissan sortiront leurs premiers modèles fin 2010. Par ailleurs le gouvernement allemand ne prévoit pour l'instant pas de prime à l'achat, seulement des aides à la recherche dont le montant n'a d'ailleurs toujours pas été précisé. Or, le surcoût d'une voiture électrique par rapport à un modèle à essence est estimé à environ 10 000 euros et, précise M. Meyer, " toutes les études montrent que le client allemand est prêt à payer au maximum 5000 euros de plus pour une voiture électrique".

Thomas Schnee, Berlin

Trends.be, L'Expansion.com

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