Merkel presse l'Europe d'instaurer le libre-échange avec l'Asie du Sud-Est

10/07/12 à 14:51 - Mise à jour à 14:51

Source: Trends-Tendances

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé mercredi, au deuxième jour de sa première visite officielle en Indonésie, que l'Europe devrait "se dépêcher" de signer un accord de libre-échange avec l'Asie du Sud-Est pour être "compétitive".

Merkel presse l'Europe d'instaurer le libre-échange avec l'Asie du Sud-Est

© Reuters

"Je suis profondément convaincue que l'Europe doit se dépêcher de mettre en oeuvre un accord de libre-échange avec cette région si elle veut être compétitive", a déclaré Mme Merkel en achevant une visite de deux jours en Indonésie, première économie d'Asie du Sud-Est.

L'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean), qui regroupe les dix pays de la région, a entamé en mai 2007 des négociations avec l'Union européenne en vue d'un accord de libre-échange. Mais elles ont jusqu'à présent peu progressé, en raison notamment des relations très difficiles entre l'UE et la Birmanie, membre de l'Asean jusqu'à peu encore coupable de nombreuses violations des Droits de l'Homme. L'ouverture politique entreprise dans ce pays devrait cependant pouvoir débloquer les discussions.

L'Asean représente le troisième partenaire de l'UE dans le monde, hors Europe, avec des échanges représentant plus de 206 milliards d'euros en 2011, selon la Commission européenne. L'UE est de son côté le deuxième partenaire commercial de l'Asean, après la Chine.

L'Asie du Sud-Est est considérée comme une des régions les plus dynamiques au monde avec en tête l'Indonésie, dont la croissance moyenne est supérieure à 6% l'an. L'Asean regroupe le Brunei, le Cambodge, l'Indonésie, le Laos, la Malaisie, la Birmanie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande et le

Vietnam.

Lors de cette première visite officielle en Indonésie, la chancelière allemande a également estimé que la zone euro devrait prendre "exemple" sur cet immense archipel qui a réussi à réduire sa dette de manière drastique.

"Je pense que l'Indonésie peut servir de très bon exemple d'une économie qui connaît une croissance durable car c'est sous la présidence de (Susilo Bambang) Yudhoyono que la dette souveraine, qui avait atteint 80% du PIB, est retombée à 24%", a déclaré Mme Merkel à l'issue d'un entretien avec le président Yudhoyono.

"Je pense que c'est un exemple de ce qui peut être fait et que l'Europe devrait faire, surtout si l'on considère que l'Indonésie a été capable de le faire sur une courte période, en quelques années", a-t-elle ajouté.

La dette publique indonésienne était de plus de 82% du produit intérieur brut en 2002, deux ans avant l'arrivée à la présidence de Susilo Bambang Yudhoyono. Elle est aujourd'hui inférieure à 25%. Le déficit budgétaire atteint quant à lui moins de 2%, sous la limite des 3% fixée par l'Union européenne et que nombre de pays de l'euro n'arrivent pas à respecter.

Quatrième pays le plus peuplé de la planète avec 240 millions d'habitants, l'Indonésie se targue d'être le nouvel "I" dans le groupe des pays émergents des "BRICS" (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Le pays est la première économie d'Asie du Sud-Est et l'une des plus dynamiques : sa croissance moyenne est supérieure à 6% l'an.

Mme Merkel a par ailleurs signé la "Déclaration de Jakarta", promettant le renforcement des relations dans de nombreux domaines, en particulier la défense, les technologies et l'environnement. Les deux pays veulent presque doubler leurs échanges commerciaux d'ici à 2015, pour les faire passer à 12 milliards de dollars (9,7 milliards d'euro).

Trends.be avec Belga

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