Merkel: "La volonté doit venir de tous les côtés"

12/06/15 à 11:09 - Mise à jour à 13:41

Source: Belga

La chancelière allemande Angela Merkel a souhaité vendredi que les discussions avec la Grèce se poursuivent, tout en réclamant que la volonté de parvenir à un accord se manifeste "de tous les côtés".

Merkel: "La volonté doit venir de tous les côtés"

/ © Reuters

"Quand on veut, on peut", a déclaré Mme Merkel, se citant elle-même, lors d'un congrès des entreprises familiales allemandes à Berlin. "Mais la volonté doit venir de tous les côtés", a-t-elle ajouté. "C'est pourquoi je trouve cela juste que nous continuions encore et toujours à discuter les uns avec les autres".

"Ce n'est pas la première fois que des réformes structurelles doivent être menées dans un pays européen", a souligné la chancelière, répétant une nouvelle fois que "les efforts de chacun et la solidarité fonctionnent ensemble en Europe". "Cela doit valoir pour tous", a-t-elle ajouté.

"Il y aura un accord le 18 juin ou jamais"

La Grèce espère toujours conclure un accord avec ses créanciers UE et FMI d'ici à la réunion des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe) du 18 juin pour éviter le défaut de paiement, ont déclaré vendredi deux ministres du gouvernement de gauche radicale.

"J'espère qu'il y aura un accord bientôt, le 18 juin, lors de l'Eurogroupe", a déclaré le ministre d'Etat, Alekos Flambouraris, un proche du Premier ministre Alexis Tsipras, sur la chaîne publique ERT. "Il y aura un accord car une faillite n'est ni dans notre intérêt, ni dans celui des créanciers", a ajouté le ministre.

Le ministre de la Défense Panos Kammenos a affirmé de son côté qu'"il y aura un accord le 18 juin ou jamais".

Interviewé sur la chaîne Mega, le dirigeant du parti de droite souverainiste Grecs indépendants (ANEL), partenaire de coalition de la gauche Syriza, a également estimé que "s'il n'y a pas de solution d'ici à la fin du mois, nous ne paierons pas le FMI" car le pays "n'est pas en position, s'il ne touche pas un euro (d'aide, ndlr) de rembourser son emprunt". Il a également estimé que le gouvernement grec avait fait suffisamment de concessions à ce jour.

Les créanciers UE et FMI ont au contraire fait comprendre à la Grèce que c'était à elle de rapprocher ses positions de celles de ses interlocuteurs.

Toujours des différences importantes

Le FMI a jeté un froid jeudi dans les négociations en affirmant qu'un accord était encore loin et que demeuraient des divergences majeures.

"Il y a encore des différences majeures entre nous dans des secteurs essentiels et il n'y a pas eu de progrès pour combler ces différences récemment. Nous sommes encore loin d'un accord", a affirmé Gerry Rice, porte-parole du Fonds monétaire international (FMI), en ajoutant que les autorités grecques étaient en train de préparer de nouvelles propositions. Il a souligné que le FMI ne "quittait jamais la table des négociations" mais que "la balle était maintenant dans le camp grec".

Selon M. Rice, les principales différences portent sur la réforme du système de retraites, les impôts et le financement des dépenses publiques. Il a affirmé que l'organisation actuelle du système des retraites était "insoutenable" et qu'il fallait élargir l'assiette de l'impôt si la Grèce voulait remettre ses finances sur pied.

Ces déclarations interviennent alors que responsables grecs et créanciers du pays (FMI, Banque centrale européenne et Union européenne) tentent de dégager un accord qui éviterait à la Grèce de se trouver en défaut de paiement à la fin du mois.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker ont eu jeudi un entretien pour tenter de dégager les grandes lignes d'un accord. M. Tsipras a confirmé à son issue que des divergences subsistaient en particulier sur le plan budgétaire et financier.

Le porte-parole du FMI a affirmé que les retraites et salaires représentaient 80% des dépenses du budget primaire grec et qu'il n'était pas possible pour Athènes d'atteindre les objectifs budgétaires fixés sans une réforme.

Il a toutefois indiqué que le FMI tenait à assurer l'équité sociale et que les retraites les plus basses étaient protégées par ses propositions.

Athènes a réaffirmé être prêt à "intensifier" les discussions et à travailler sur ces divergences afin d'obtenir le déboursement de 7,2 milliards d'euros de prêts, dont elle a cruellement besoin pour éviter un défaut de paiement, alors qu'elle doit 1,6 milliard d'euros au FMI le 30 juin.

Après une journée d'euphorie qui a vu la bourse d'Athènes gagner plus de 8% jeudi, l'indice était en baisse de 4% dans les premiers échanges vendredi.

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