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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

25/11/15 à 16:04 - Mise à jour à 16:02

Les nombreux dangers qui guettent encore l'Europe

En cette fin d'année 2015, le constat est que la zone euro n'est pas, ou plus, en crise aiguë, comme c'était le cas en 2009 ou 2010. Mais hélas, nous sommes encore loin d'être tirés d'affaires.

Les nombreux dangers qui guettent encore l'Europe

© istock

C'est ce qui inquiète d'ailleurs Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne. Comme les gouvernements ne font pas vraiment ce qu'ils devraient faire pour faire redémarrer la croissance, tous les regards sont tournés vers lui et son institution. Car au final, c'est lui qui a la dernière clé de notre future reprise économique.

Or, Mario Draghi reste inquiet. D'abord, parce que le taux de chômage reste encore trop élevé en zone euro et que les signaux de reprise économique sont encore beaucoup trop faibles. Ensuite, le climat anxiogène lié aux attentats n'est pas non plus de nature à nourrir cette reprise qui est déjà trop fragile. Comme vous le savez, le premier carburant de nos économies, c'est la confiance. Et quand les citoyens désertent les rues et les centres commerciaux, c'est l'économie locale qui trinque.

Mais l'autre raison pour laquelle le président de la BCE est inquiet, c'est que l'inflation en zone euro reste beaucoup trop faible. Là encore, c'est en soi un signal que l'économie tourne toujours au ralenti. Autant pendant les années 70 et 80, la grande hantise des gouvernements, c'était que l'inflation ne soit trop forte, autant aujourd'hui, c'est qu'elle ne soit trop faible.

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Faire preuve de citoyenneté aujourd'hui, c'est payer ses impôts !

Et à côté de cela, il y a la révolution numérique dont la menace est encore impalpable, mais qui d'ici quelques années risque aussi de faire des dégâts. Comment ? En détruisant plus d'emplois qu'elle n'en créera, et notamment du côté de la classe moyenne. Alors, les plus optimistes diront que ce n'est pas trop grave, l'histoire démontre que le progrès scientifique détruit d'abord des emplois anciens, puis en crée de nouveaux qui n'existaient pas avant. Et c'est vrai que l'invention de l'imprimerie - pour citer un exemple ancien - a détruit le job des moines copistes, mais en a créé des tas d'autres. Et ce qui était valable pour l'imprimerie sera donc aussi vraisemblablement valable pour la révolution numérique. Peut-être. On ne demande qu'à la croire...

Mais comme le faisait remarquer Bruno Colmant, l'économiste en chef de la banque Degroof Petercam, dans le cadre d'une interview récente, attention, le passé n'est pas une garantie pour l'avenir. Avec la mondialisation, il est possible de détruire des emplois chez nous et certes d'en créer d'autres, mais pas nécessairement chez nous, mais bien en Asie ou aux Etats-Unis. Autrement dit, il y a une désynchronisation géographique entre les tâches qui disparaissent chez nous et celles qui sont créées à 6.000 kilomètres d'ici.

On le voit bêtement avec les achats d'iPhones. Si cela fait les affaires des distributeurs, la fabrication de l'iPhone se fait en Asie, et la plus grosse marge de l'iPhone part aux Etats-Unis pour le concept et le design. Et encore, ce n'est pas certain, car les profits d'Apple partent plutôt vers des paradis fiscaux.

C'est la raison pour laquelle quand une autre firme américaine active sur le Net a marqué son soutien aux victimes des attentats, les internautes ont bien réagi en disant qu'elle ferait mieux de d'abord payer ses impôts. En payant ses impôts, elle donne des moyens aux gouvernements d'engager des policiers pour nous protéger. C'est cela faire preuve de citoyenneté aujourd'hui, c'est payer ses impôts !

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