Les mini-jobeurs ne sont pas forcément pauvres

20/09/13 à 11:48 - Mise à jour à 11:48

Source: Trends-Tendances

Selon de nombreuses critiques, le marché du travail flexible en Allemagne et ses mini-jobs créent une armée grandissante de pauvres au travail. La réalité est beaucoup plus complexe.

Les mini-jobeurs ne sont pas forcément pauvres

© reuters

Les mini-jobs sont des emplois à temps partiel payés 450 euros par mois sur lesquels les employés ne paient ni contributions sociales ni impôts. Seul l'employeur paie une contribution. Il s'agit de jobs de 15 à 20 heures par semaine en moyenne, sans vraiment de durée de travail maximale. Ils existent surtout dans l'horeca et le commerce de détail (réassortisseur de rayon, caissier, etc). Les employeurs applaudissent ce système flexible. Les coûts salariaux sont bas et permettent d'engager des personnes aux moments de grande affluence.

En 2003, 5,9 millions d'Allemands travaillaient sous ce statut. Aujourd'hui, ce nombre a atteint les 7,5 millions. Entre 2002 et 2012, le nombre d'emplois en Allemands a augmenté de 39,3 à 41,6 millions - une croissance de 5,9 % ou 2,3 millions de postes. Il ne faut donc pas négliger le rôle des mini-jobs. Ici, nous l'avons l'image d'un statut monolithique et précaire réservé aux classes sociales les moins aisées. Cependant, la réalité est plus complexe. Il existe une grande diversité au sein des mini-jobs et pour de nombreuses personnes, il s'agit même d'un choix délibéré.

Premièrement, il y a de nombreux Allemands qui combinent un mini-job flexible avec une autre forme de travail, la plupart du temps un emploi classique à temps plein, pour gagner un revenu supplémentaire. Pour eux, le mini-job est un Zweitjob ou Nebenjob, comme l'appellent les Allemands. Comme ceux-ci se situent surtout dans l'horeca ou la distribution, il est parfaitement possible d'effectuer une grande partie des mini-jobs le week-end.

Le marché des Zweitjob est en plein essor. Fin 2012, il y avait 2,6 millions d'employés qui complétaient leur revenu par un mini-job. C'était une hausse annuelle de 59.300 ou 2,3 % alors que l'autre groupe de mini-jobeurs reste stable.

Surtout en Allemagne de l'Ouest

Qui sont les 4,9 millions d'Allemands dont le mini-job constitue la seule activité économique? Les rapports du Statistisch Bundesamt nous apprennent qu'un cinquième de ces mini-jobeurs sont des étudiants qui veulent arrondir leurs fins de mois. 11 % sont des chômeurs qui peuvent percevoir un revenu sous certaines conditions. Les 47 % restants sont composés en grande partie de personnes qui font partie d'une famille avec une autre source principale de revenus qui gagne facilement 2.000 euros par mois grâce à un emploi fixe classique.

Cette donnée explique pourquoi plus de 60 % des mini-jobeurs sont des femmes. Les systèmes de gardes d'enfants sont rares en Allemagne et c'est pourquoi de nombreuses femmes restent chez elles tout en gagnant un peu plus par le biais d'un mini-job.
Parmi les mini-jobeurs se trouvent également des femmes célibataires. Cependant, leur revenu ne correspond pas pour autant à un salaire de misère. Outre les 450 euros, l'état prévoit toutes sortes de formes de soutien censées couvrir les frais de location, d'énergie et même de vêtements et d'alimentation.

Trois faiblesses

Toutes les critiques à l'égard des mini-jobs allemands sont-elles pour autant injustifiées ? Certainement pas. Les mini-jobs ne soutiennent pas de mobilité croissante vers des emplois mieux qualifiés. Seul un mini-jobeur sur sept accéderait à un emploi fixe.

On entend également que certains employeurs proposeraient deux ou plus de mini-jobs pour remplacer un temps plein à part entière.

Enfin, il y a les salaires parfois extrêmement bas qui vont jusqu'à moins de 3 euros de l'heure dans des entreprises aux mauvaises conditions de travail telles que le secteur de la viande. Cependant, les adeptes du système soulignent qu'il s'agit là d'exceptions. Pourtant, la pression pour mettre fin à ce genre d'exploitation augmente.

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