Les investisseurs étrangers préfèrent (presque) la Wallonie à la Flandre

27/05/10 à 11:25 - Mise à jour à 11:25

Source: Trends-Tendances

Entre le 1er janvier 2009 et aujourd'hui, la Wallonie a attiré quasiment autant de projets d'investissement étrangers que la Flandre, alors que le nord du pays représentait traditionnellement plus du double de son voisin du sud. Bruxelles reste nettement à la traîne, révèle une étude d'IBM.

Les investisseurs étrangers préfèrent (presque) la Wallonie à la Flandre

© Montage Thinkstock

Janvier 2009-mai 2010 fut une période noire pour les installations d'entreprises étrangères en Belgique, si l'on en croit l'étude annuelle d'IBM Global Business Services. Le nombre de projets d'investissement et la création d'emplois qui en découle ont reculé pour la troisième année consécutive.

L'année 2009 a vu l'annonce de 182 nouveaux projets d'investissement, susceptibles de créer quelque 5.300 emplois. Soit sensiblement moins que 2008, qui avait permis la concrétisation de 192 projets d'investissement et 6.700 postes de travail en Belgique.

La diminution structurelle affecte essentiellement la Flandre, alors que la Wallonie semble relativement stable, souligne IBM. La Wallonie a même attiré presque autant de projets (67) que la Flandre (78) en 2009. Un résultat pour le moins inhabituel : antérieurement, la Flandre attirait annuellement presque deux fois plus d'investissements étrangers que la Wallonie. La création de nouveaux emplois se situe à plus de 2.800 en Flandre et plus de 2.000 en Wallonie. Bruxelles accueille 37 projets, qui représentent plus de 400 emplois.

L'envergure moyenne des nouveaux investissements étrangers diminue également. Chaque projet ne représentait plus qu'une moyenne de 30 emplois en 2009, alors que ce chiffre se situait au-dessus de 60 voici cinq ans.

"La Belgique est à la traîne à cause de sa structure de coûts, qui persiste dans la non-compétitivité !"

Quant aux causes, ce recul des investissements étrangers en Belgique n'est pas à mettre uniquement sur le compte de la crise : "S'il est vrai qu'à l'échelle mondiale, les nouveaux investissements ont été moins nombreux ces deux dernières années, il n'en reste pas moins que la plupart des économies développées d'Europe occidentale et d'Amérique du Nord ont continué à attirer un nombre relativement stable de nouveaux investissements", commente Roel Spee, global leader d'IBM-Plant Location International (PLI), qui effectue pour le compte d'IBM des analyses locales au sein de son siège mondial à Bruxelles.

A ses yeux, "les chiffres provisoires des pays limitrophes témoignent d'une belle stabilité. Certains pays progressent même. La Belgique est donc à la traîne, ce qui s'explique principalement par la structure de coûts belge, qui persiste dans la non-compétitivité."

Investisseurs étrangers en Belgique : de quel pays, dans quel secteur, dans quelle zone géographique ?

Les entreprises américaines, allemandes et néerlandaises restent les investisseurs les plus actifs en Belgique. Elles représentent à elles seules près de la moitié de tous les nouveaux emplois. Les investissements en provenance de pays émergents (notamment l'Inde et la Chine) restent limités, souligne encore IBM. Les entreprises chinoises ont apporté 3 % des nouveaux jobs tandis que l'Inde, qui est jusqu'à présent un acteur plus important dans l'économie mondiale que la Chine, n'apporte pour ainsi dire aucun nouvel emploi en Belgique.

Des trois secteurs traditionnellement le mieux représentés dans les investissements étrangers, ce sont la chimie et le secteur pharmaceutique qui dominent le jeu, avec respectivement 23 % et 15 % des nouveaux emplois. Le secteur des moyens de transport (essentiellement l'automobile) représentait au cours des années précédentes près de 20 % des nouveaux emplois, malgré les nombreuses difficultés qu'il traversait. En 2009, sa part de création de nouveaux emplois est retombée à 4 %. Il s'ensuit que le secteur des services logistiques vient à présent en troisième position, avec 12 % des nouveaux postes de travail.

Quant à la répartition géographique des projets, elle place Bruxelles en tête avec 35 projets, suivie d'Anvers (18) et Liège (8).

La place de la Belgique dans le classement mondial n'est pas encore connue, étant donné que les données couvrant le monde entier ne sont pas encore complètes. En matière de création d'emplois, la Belgique a reculé l'année passée de la 27e à la 33e place mondiale. Le rapport Global Location Trends, qu'IBM rédige annuellement, sera publié après l'été.

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