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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

18/11/15 à 15:03 - Mise à jour à 15:14

Les attentats de Paris auront-ils un impact économique sur la zone euro?

Les attentats du 13 novembre dernier auront-ils un impact économique sur la France. Impact qui forcément aura aussi des répercussions sur la zone euro puisque la France est la deuxième puissance économique de la zone après l'Allemagne? Eléments de réponse.

Les attentats de Paris auront-ils un impact économique sur la zone euro?

© Reuters

C'est sans doute bizarre de parler d'économie après les horribles attentats de Paris. Au-delà de l'horreur, de la peur et du dégoût suscité par ces attaques lâches et meurtrières, la question revient pour savoir si en plus, ces attentats auront ou non un impact économique sur la France. Impact qui forcément aura aussi des répercussions sur la zone euro puisque la France est la deuxième puissance économique de la zone après l'Allemagne. La réponse, c'est qu'aucun économiste n'ose trop s'avancer sur le sujet. En temps normal déjà, la plupart des prévisions sont souvent infirmées par la réalité, alors imaginez, faire des prévisions dans une période anormale, c'est encore plus risqué.

En tout cas, mes confrères du journal La Tribune.fr ont essayé d'avoir des réponses, et ils n'ont pas réussi à obtenir qu'un économiste de l'Hexagone s'engage pour une prévision. Tout ce que l'on sait, et qui tombe d'ailleurs sous le sens, c'est que le secteur du tourisme qui compte pour 7,5% du PIB de la France risque d'en souffrir, sans oublier la restauration ou les grands magasins qui risquent de voir leur fréquentation chuter pendant quelque temps. Là encore, il est difficile d'évaluer tout cela, car heureusement avec Internet, il est possible de se faire livrer ce que l'on veut à domicile.

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Ces attentats auront-ils un impact économique sur la zone euro?

Cette prudence de la part des économistes s'explique aussi par le fait que malgré les attentats horribles qui ont eu lieu dans d'autres pays comme aux Etats-Unis, en Espagne à Madrid ou à Londres, le PIB de ces pays n'a pas chuté en dépit des images très dures retransmises par les télévisions du monde entier. L'une des preuves de cette résistance de nos économies, c'est la Bourse. La Bourse de Paris n'a pas chuté suite aux attentats du 13 novembre dernier. D'abord, parce que ces attentats ont eu lieu un vendredi soir, et que la Bourse était fermée. Avec le weekend, par définition férié, les investisseurs boursiers ont eu deux jours de plus pour évaluer - "froidement"si l'on peut dire - la situation et donc ne pas entamer la semaine sur un mode panique.

Ce lundi 16 novembre, premier jour de cotation après les attentats, le CAC 40, l'indice phare de la Bourse de Paris est donc resté de marbre, puisqu'il a reculé d'à peine 0,08%, autant dire rien. Ensuite, il faut aussi rappeler que les statistiques démontrent qu'au fil du temps, la Bourse, ou plutôt les Bourses, se sont non seulement habituées à ces attentats, mais ont intégré leur impact qui reste fort heureusement minime encore sur nos économies. Manuel Valls, en déclarant qu'il y aura encore d'autres attentats et qu'il faut s'y préparer, désire également à ne pas laisser le Front National occuper le terrain sécuritaire. Sa déclaration pourrait avoir pour effet de déprimer la consommation des ménages français et empêcher certains touristes de venir visiter l'un des plus beaux pays du monde. Espérons du fond du coeur que le pire n'aura pas lieu.

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