"Les actionnaires de Trump ont fait de moins bons résultats que des singes qui jouent aux fléchettes"

02/08/16 à 16:09 - Mise à jour à 16:47

Warren Buffett, 'l'oracle d'Omaha', probablement l'investisseur le plus avisé de la dernière décennie, a mené campagne avec Hillary Clinton dans sa ville natale lundi. Il a mis au défi Donald Trump de rendre publiques ses données fiscales et s'est moqué de ses qualités d'homme d'affaires.

"Les actionnaires de Trump ont fait de moins bons résultats que des singes qui jouent aux fléchettes"

Warren Buffet © Reuters

Omaha se trouve au Nebraska, un Etat qui vote solidement en faveur des Républicains, mais qui désigne ses représentants électoraux à l'élection présidentielle par district. C'est l'un des deux Etats américains, avec le Maine, où c'est le cas. En 2008, Barack Obama a su gagner dans le Nebraska républicain le district ayant Omaha pour capitale. L'unique voix pour Omaha peut, en cas d'égalité dans le reste du pays, faire pencher le vote final et élire le président. Mais depuis la victoire d'Obama, les frontières du district ont changé, ce qui y rend la victoire des Démocrates moins probable.

Le message général de Warren Buffet (presque 86 ans), lors de son discours d'introduction pour Hillary Clinton était que la voix d'Omaha est importante. Il a expliqué avoir réservé un trolley de 32 places pour conduire les électeurs vers leur bureau de vote le 8 novembre. "Donnons à ce pays une leçon de civisme", a-t-il dit, désirant amener lui-même au moins 10 personnes à mobilité réduite sur place.

Clinton a également apporté sa contribution. Si Omaha, sur le plan national, a le plus haut taux de participation, "et bien sûr si je gagne", alors elle (Hillary Clinton) dansera dans la rue avec Warren Buffet, a-t-elle annoncé. "Si nous avons beaucoup de chance, il (Buffet) mettra peut-être à nouveau son costume d'Elvis".

"Trump a peur de vous"

Buffet, qui s'est plusieurs fois comporté en ambianceur et qui poussait le public à scander 'Hillary', a également reçu des nuées d'applaudissements lorsqu'il a défié Trump de donner, de concert avec lui-même, de la transparence sur leurs impôts. Lui aussi a une enquête des services fiscaux à ses guêtres, tout comme Trump qui invoque cela comme raison pour ne pas rendre publiques ses informations fiscales.

Buffet lui a proposé de le rencontrer dans un lieu choisi par Trump, tous deux ayant avec eux leurs données fiscales, après quoi ils "laisseront les gens leur poser des questions". "Il a peur de vous", a continué Buffett, c'est pourquoi il refuse la transparence. "On en apprendra énormément, de ces impôts".

Buffet avait déjà accordé son soutien à Hillary Clinton l'an dernier. Plus récemment, d'autres milliardaires se sont joints à lui, Michael Bloomberg, Marc Cuban et Oprah Winfrey.

Warren Buffet n'a par ailleurs pas une haute estime de Trump en tant qu'homme d'affaires.

Ainsi, il a dit ceci à propos de la société de casino et d'hôtellerie de Trump: ses actionnaires ont subi des pertes et "vous devez savoir qu'en 1995, alors qu'il a introduit sa société en bourse, un singe qui joue aux fléchettes aurait obtenu un gain d'environ 150%".

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