Les 27 circonspects après les premières propositions de May sur le Brexit

23/06/17 à 14:29 - Mise à jour à 14:30

Source: Afp

"Equitables et sérieuses", assure Theresa May. "Insuffisantes", réplique la Commission : Les premières propositions britanniques sur les droits des expatriés européens au Royaume-Uni après le Brexit ont été accueillies avec circonspection par les 27.

Les 27 circonspects après les premières propositions de May sur le Brexit

© Getty Images/iStockphoto

"C'est un premier pas, mais ce pas n'est pas suffisant", a résumé le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, au lendemain de la très attendue intervention de la Première ministre britannique devant ses partenaires européens.

Est-il désormais fixé sur le cadre de l'accord que le Royaume-Uni chercherait à négocier ? M. Juncker répond laconiquement: "Non".

C'est la première fois que Mme May dévoilait une partie de ses plans pour la négociation sur les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE.

Elle a commencé par le dossier de la protection des droits des citoyens de l'UE et du Royaume-Uni après le Brexit, affiché comme une priorité par les deux parties.

Lors d'une courte prise de parole jeudi soir, elle a promis que personne ne serait expulsé du pays sitôt prononcé le divorce avec l'UE, et que Londres offrirait des possibilités pour les citoyens européens de régulariser leur statut afin de pouvoir rester au Royaume-Uni.

Une offre qu'elle juge "équitable et très sérieuse".

Mais pour notre Premier ministre Charles Michel, parmi les plus critiques vendredi matin, le plan britannique est "particulièrement vague".

La chancelière allemande Angela Merkel, elle, y a vu un "bon début". "Mais bien sûr, il reste encore beaucoup, beaucoup d'autres questions" à régler, a-t-elle averti.

Le président du Conseil européen Donald Tusk avait déjà prévenu que le sommet de Bruxelles ne serait pas un "forum" pour les négociations du Brexit, puisqu'il existe un canal officiel, avec deux équipes emmenées côté UE par Michel Barnier et côté britannique par David Davis.

L'intervention de Mme May devant ses homologues jeudi soir s'est donc limitée à une déclaration, laissant les 27 dans l'attente de la publication d'un document détaillé, annoncée pour lundi prochain.

- 'La moindre des choses' -

Selon une source européenne ayant requis l'anonymat, certains dirigeants autour de la table considèrent la proposition britannique de n'obliger personne à partir comme "la moindre des choses".

Theresa May rejette en outre toute compétence de la Cour de justice de l'UE (CJUE) sur l'accord que Londres et Bruxelles concluraient sur les droits des plus de trois millions de citoyens européens vivant au Royaume-Uni, un sujet hyper sensible.

Encore une fois très ferme, le Belge Charles Michel a assuré que les 27 ne "voulaient pas se faire avoir".

"Les droits des citoyens de l'UE doivent être durablement garantis. C'est désormais la tâche du négociateur de l'UE Michel Barnier de mener les négociations et nous évaluerons cela régulièrement", a-t-il promis.

"C'est une bonne première proposition, que j'apprécie, mais il est clair que nous devons y investir plus de travail. Beaucoup de nos citoyens ne sont pas couverts avec la proposition de Mme May, et cela fera partie des négociations", a commenté de son côté, prudent, le chancelier autrichien Christian Kern.

Le référent du Parlement européen sur le Brexit, le libéral Guy Verhofstadt, habituellement très critique de Londres, a prôné la patience sur Twitter: "Avec un peu de chance, le document détaillant la proposition britannique, attendu lundi, apportera ce que l'on attend".

Mais son collègue Manfred Weber, chef de file du principal groupe politique au Parlement européen (PPE, droite) a été plus sévère.

"Si Theresa May n'est pas en mesure de proposer quelque chose de plus concret c'est assez inquiétant pour la suite des négociations. Le gouvernement britannique semble n'avoir toujours aucune idée des objectifs qu'il cherche à atteindre", a-t-il dénoncé.

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