Lenteur politique + menaces de scission = pression sur la dette belge

06/12/10 à 16:02 - Mise à jour à 16:02

Source: Trends-Tendances

La lenteur de formation du nouveau gouvernement retarde l'adoption des plans d'économies nécessaires, tandis que les déclarations intempestives sur une scission de l'Etat ont suscité des craintes quant à la continuité du service de la dette. D'où la montée significative de la prime de risque liée aux obligations belges.

Lenteur politique + menaces de scission = pression sur la dette belge

© Belga

Existe-t-il des fondements économiques sérieux à la montée significative de la prime de risque à l'égard des obligations émises par la Belgique ? Une étude menée par Eric Dor, directeur de la recherche de l'IESEG (Institut d'économie scientifique et gestion) de l'Université Catholique de Lille, tente de répondre à cette question

"On compare la Belgique avec plusieurs pays de la zone euro, indique-t-il dans cette étude. Evidemment la comparaison est effectuée avec les autres pays de la zone euro dont la dette publique suscite la méfiance des marchés, Espagne, Grèce, Irlande, Italie et Portugal, dans le but d'identifier si l'économie belge présente des similarités avec les facteurs de risque présents dans ces pays. On compare aussi les fondamentaux de l'économie belge avec les pays vertueux du core de la zone euro, l'Allemagne, la France, ainsi que les Pays-Bas et l'Autriche qui sont également des petites économies ouvertes très liées à la locomotive allemande."

La conclusion de ce directeur de recherche ? "En dépit d'une dette publique parmi les plus élevées de la zone euro, les fondamentaux de l'économie belge ne justifient pas une augmentation forte de la prime de risque à l'égard des obligations belges et un renchérissement prononcé des conditions de financement de l'Etat." Les conditions sont donc réunies pour "assurer la crédibilité d'un plan de retour à des surplus primaires et une baisse de la dette publique en % du PIB".

Comment expliquer cette récente montée de méfiance vis-à-vis de la dette belge ? Les raisons, selon Eric Dor, sont "essentiellement d'ordre politique" : "La lenteur de formation du nouveau gouvernement retarde l'adoption des plans d'économies nécessaires, et les milieux politiques laissent planer une incertitude totale sur les délais auxquels leurs négociations vont permettre d'arriver à un accord."

Ce n'est pas tout : "Dans le même temps, les déclarations intempestives sur une éventuelle scission de l'Etat, bien que les obstacles politiques et techniques en réduisent très fortement la possibilité, ont suscité des craintes quant à la continuité du service de la dette si une telle possibilité se réalisait. Il est donc urgent d'en revenir à une situation politique normale."

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