Le Royaume-Uni pose les jalons d'accords commerciaux post-Brexit

26/07/17 à 17:46 - Mise à jour à 17:46

Source: Afp

Le Royaume-Uni s'active pour poser les jalons de futurs accords commerciaux post-Brexit, ne voulant pas perdre de temps tout en ne pouvant pas aller trop loin dans l'exploration tant que les liens avec l'Union européenne ne sont pas rompus.

Le Royaume-Uni pose les jalons d'accords commerciaux post-Brexit

© Reuters

Le pays multiplie les initiatives depuis des mois, outre-Atlantique, en Asie et dans le Commonwealth, accélérant le rythme ces jours-ci afin de répondre au souhait de la Première ministre conservatrice Theresa May de faire du pays un leader du libre-échange une fois sorti de l'UE.

Le ministre du Commerce Liam Fox est au Mexique après deux jours aux Etats-Unis, tandis que le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson effectue une tournée en terres australes après être allé au Japon la semaine dernière.

M. Johnson entend "jeter les bases pour les accords commerciaux post-Brexit", commentait un porte-parole de Downing Street en début de semaine.

Le chemin sera très long, surtout que les règles de l'UE interdisent au Royaume-Uni de négocier de nouveaux accords tant que le Brexit ne se sera pas concrétisé, soit pas avant mars 2019.

Pour l'heure, les négociations commerciales sont du seul ressort de la Commission européenne, qui a le mandat pour mener des discussions au nom de tous les Etats membres.

Mais les défis sont tels que c'est une "bonne raison pour commencer à parler" avec les futurs partenaires potentiels "et ne pas perdre de temps jusqu'en mars 2019", estime Jim Rollo, économiste et professeur à l'Université du Sussex.

Même si selon lui les initiatives de Londres répondent pour l'instant davantage à des enjeux politiques, l'exécutif voulant prouver qu'il est à la manoeuvre malgré les critiques sur son absence de stratégie sur le Brexit.

"Ils ont besoin pour des raisons internes au Parti conservateur de montrer que le Brexit a bien lieu malgré le manque de progrès jusqu'à présent" dans les discussions de sortie avec Bruxelles, dit-il à l'AFP.

Liam Fox a dans l'immédiat reçu un accueil positif aux Etats-Unis où le président Donald Trump a annoncé qu'un accord commercial "majeur" se profilait.

De son côté, Boris Johnson a déclaré, à Wellington, que la Nouvelle-Zélande serait sans doute parmi les premiers pays à nouer un accord commercial avec Londres. "Le Brexit n'est pas, n'était pas et ne sera pas synonyme d'un Royaume-Uni tournant le dos au monde", a-t-il dit.

Poulet au chlore

Le pays entend conserver son rang historique de puissance commerciale et surtout l'activité économique et les emplois qu'il génère.

Le commerce international au départ et à destination du Royaume-Uni porte chaque année sur l'équivalent de 700 milliards de livres (soit 800 milliards d'euros exportations et importations confondues), dont la moitié avec l'UE.

Mais certains craignent que le gouvernement soit prêt à accepter des concessions importantes, notamment en matière sanitaire, pour conclure des partenariats, comme l'illustre la polémique sur le poulet lavé au chlore en provenance des Etats-Unis que Londres est suspecté de vouloir autoriser.

Interrogé, Liam Fox n'a pas formellement démenti, et estimé que cette pratique ne posait "pas de problème pour la santé". Avant que le ministre de l'Environnement Michael Gove explique sur la radio BBC 4 mercredi que le gouvernement n'allait pas "remettre en cause (ses) pratiques concernant le bien-être animal ou l'environnement dans le but d'obtenir un accord commercial".

Au-delà des concessions, la grande difficulté pour le Royaume-Uni est qu'il ne peut pas discuter concrètement des détails de futurs accords tant qu'il n'a pas clarifié sa relation avec l'UE, son principal partenaire commercial.

Et les partenaires potentiels "pourraient vouloir connaître les détails de tout accord commercial entre le Royaume-Uni et l'UE à 27", ainsi que "la nature de tout accord de transition" avant de signer quoi que ce soit, prévient M. Rollo.

Le pays pourrait en outre mettre du temps à constituer les équipes de négociateurs pour des discussions très techniques, qu'il a confiées à Bruxelles depuis son adhésion à l'UE en 1973.

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