Le risque financier lié au changement climatique s'élève à 80 milliards d'euros

30/10/17 à 18:53 - Mise à jour à 18:53

Source: Belga

La Coalition climat, qui regroupe près de 70 associations belges, a formulé lundi, lors d'un débat au parlement fédéral, une série de recommandations à la Banque nationale de Belgique (BNB) afin d'accentuer le rôle de celle-ci dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le risque financier lié au changement climatique s'élève à 80 milliards d'euros

© Getty Images/iStockphoto

"La Banque nationale de Belgique dit que pour notre pays, le risque financier lié au réchauffement climatique est de 80 milliards d'euros. C'est un risque gigantesque pour notre planète, notre épargne et l'économie belge", relève la Coalition climat.

Dans la cadre de sa campagne sur le désinvestissement des énergies fossiles, la Coalition climat organisait lundi matin un débat politique intitulé "Les changements climatiques menacent-ils aussi la stabilité financière en Belgique?".

La banque centrale néerlandaise figurait parmi les invités pour présenter son rapport "Waterproof", sur les risques liés au changement climatique pour les Pays-Bas. "Si on attend trop longtemps pour faire les investissements nécessaires à une transition zéro carbone, cela risque de devoir se passer de manière plus brusque, et il y aura d'importantes conséquences financières et économiques", a pointé Maarten Vleeschhouwer, de la banque néerlandaise (De Nederlandsche Bank).

La Banque nationale de Belgique, qui pointe un manque de données pour estimer plus précisément les risques pour la Belgique, les évalue toutefois pour les secteurs bancaire et des assurances à 80 milliards d'euros. Plus précisément, "les prêts accordés à des entreprises belges actives dans des secteurs vulnérables aux risques de transition sont évalués à 61 milliards d'euros". Ces prêts sont principalement des prêts aux entreprises actives dans les secteurs de la construction et la production d'électricité et gaz. Concernant le secteur des assurances, "les expositions des assureurs belges aux secteurs les plus vulnérables sont évalués à 20 milliards d'euros, soit 6,5% de l'ensemble des investissements".

La Coalition climat publiait il y a environ six mois un rapport indiquant que les grandes banques belges ou ayant des activités en Belgique ont investi quelque 40 milliards d'euros ces deux dernières années dans les combustibles fossiles, rappelle Sébastien Mortier, expert en désinvestissement pour la Coalition climat. "Des investissements en totale contradiction avec les engagements de limiter le réchauffement climatique à 2°C, voire 1,5°C. Pour atteindre l'objectif fixé par l'Accord de Paris, il faudrait que 85% des ressources fossiles connues restent dans les sols." La plateforme interpelle aujourd'hui la BNB à ce sujet.

"Contrairement aux pays voisins, les publications de la Banque nationale ne font que très peu ou pas mention du réchauffement climatique", précise Sébastien Mortier. Or, celle-ci "peut et doit jouer un rôle dans la lutte contre les changements climatiques". C'est pourquoi la Coalition climat formule plusieurs recommandations à la BNB, dont l'intégration du changement climatique dans ses "stress tests" des secteurs bancaire et des assurances, ainsi que la mise en place de stress tests spécifiques au facteur carbone. Elle devrait par ailleurs inclure le changement climatique dans son rapport annuel sur la stabilité financière et publier au moins une étude thématique sur les risques financiers liés aux changements climatiques.

Les députés fédéraux présents aux différentes présentations lundi, dont George Gilkinet (Ecolo) et Michel de Lamotte (cdH), ont également plaidé pour que la BNB fasse davantage de recherches sur ces risques.

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