Le Portugal, une valeur "spéculative" ?

05/04/11 à 11:19 - Mise à jour à 11:19

Source: Trends-Tendances

Moody's a dégradé d'un cran la note du Portugal mardi. L'agence s'avère plus optimiste que sa consoeur Fitch, qui a abaissé sa propre notation de trois crans vendredi, plaçant ainsi le pays à un cran à peine de la catégorie "spéculative".

Le Portugal, une valeur "spéculative" ?

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Moody's Investors Service a dégradé mardi d'un cran la note du Portugal, de "A3" à "Baa1" et envisage de l'abaisser encore à court terme. "La décision de Moody's a été essentiellement déclenchée par l'augmentation des incertitudes politiques, budgétaires et économiques, qui ont accru la possibilité que le gouvernement ne soit pas capable de tenir ses ambitieux objectifs de réduction du déficit et de faire revenir ses finances sur une trajectoire soutenable", a expliqué l'agence de notation dans un communiqué.

La nouvelle note du pays est placée "sous revue", ce qui implique que Moody's pourrait encore l'abaisser à court terme. Il en va de même pour la dette à court terme du pays, actuellement fixée à "Prime-2".

Moody's reste toutefois plus optimiste sur le pays que ses grandes rivales, qui ont abaissé la note du Portugal la semaine dernière. Fitch Ratings (lire ci-après) et Standard & Poor's lui confèrent un "BBB-", la plus faible note possible pour un emprunteur crédible, alors que Moody's reste deux crans au-dessus.

Dans son texte, Moody's explique que "le glissement limité de sa note à Baa1 (et pas plus bas)" tient à sa conviction que les autres pays de la zone euro se porteront promptement à la rescousse du Portugal si les fonds du Fonds européen de stabilité financière (FESF) ne devaient pas être disponibles dans l'immédiat.

Fitch dégrade la note du Portugal de trois crans

Fitch Ratings a rétrogradé de trois crans, vendredi, la note souveraine du Portugal à "BBB-", dernier palier avant la catégorie "spéculative". "La dégradation sévère de trois crans de la note souveraine du Portugal reflète essentiellement les préoccupations de Fitch quant au fait qu'une aide extérieure en temps utile est moins probable dans le court terme après l'annonce d'élections le 5 juin", a expliqué Douglas Renwick, directeur des notes souveraines chez Fitch, dans un communiqué.

L'agence de notation ajoute qu'une "aide extérieure est nécessaire pour soutenir la crédibilité de la consolidation budgétaire et les efforts de réformes économiques". Fitch, qui avait déjà abaissé à "A-" la note du Portugal le 24 mars dernier, à l'instar d'autres agences de notation, maintient sa perspective négative, indiquant par là qu'elle pourrait encore abaisser cette note souveraine dans un proche avenir.

Toute nouvelle dégradation de la note souveraine du Portugal rétrograderait le pays dans la catégorie "spéculative", réservée aux émetteurs d'obligations les moins susceptibles de rembourser leurs dettes. Fitch a déjà expédié la Grèce dans cette catégorie le 14 janvier.

Le rejet, par le Parlement portugais, de nouvelles mesures d'austérité, et la démission qui s'en est suivie du Premier ministre socialiste José Socrates, ont ouvert une crise politique qui a débouché sur la dissolution du parlement, annoncée jeudi, et la convocation d'élections législatives anticipées le 5 juin prochain.

Le Portugal lève 1,64 milliard d'euros à un an, à un taux moins élevé que prévu

Le Portugal, en pleine crise politico-économique qui inspire des craintes aux marchés, a réussi vendredi à lever 1,645 milliard d'euros de dette à un an, à un taux de 5,793 %, moins élevé que les prévisions des analystes. L'opération a enregistré une demande 1,4 fois supérieure à l'offre, a précisé l'Institut de gestion du crédit public (IGCP).

Plusieurs analystes cités par la presse portugaise tablaient sur un taux d'intérêt avoisinant les 6,4 %. D'après eux, l'IGCP se serait préalablement assuré que cette émission trouverait des acheteurs.

Lors de sa dernière émission obligataire, le 9 mars, le Portugal avait payé un taux d'intérêt de 5,905 % pour lever 1 milliard d'euros en obligations arrivant à maturité en septembre 2013. La demande avait été 1,6 fois supérieure à l'offre.

Trends.be, avec Belga

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