Le meilleur moyen de braquer une banque

11/04/11 à 09:34 - Mise à jour à 09:34

Source: Trends-Tendances

"La meilleure manière de braquer une banque aujourd'hui ? En devenir le directeur !" John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats, n'a pas mâché ses mots lors de l'Euromanif de samedi à Budapest, lors de laquelle les syndicats ont à nouveau réclamé une Europe "sociale et pas libérale".

Le meilleur moyen de braquer une banque

© Belga/AFP

"Nous ne voulons pas payer le prix de la cupidité des banquiers, a dénoncé John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) lors de la manifestation européenne à Budapest pour réclamer une Europe plus sociale. Nous voulons une Europe pour les gens, pas pour les banquiers. Aux ministres européens des Finances, qui sont ici pour une réunion informelle, je veux leur dire que nous n'abandonnerons pas et que nous poursuivrons notre campagne aussi longtemps que nécessaire !"

Egalement présent à Budapest, Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, a indiqué que "ce ne sont pas les salaires qui sont les ennemis de l'économie, mais les néolibéraux, les spéculateurs et les financiers". Jan Vercamst, président de la CGSLB, a rappelé de son côté que "nous luttons en Belgique pour l'indexation, un système unique en Europe qui permet de préserver le pouvoir d'achat sans grands conflits sociaux. Et c'est une lutte que nous avons jusqu'ici toujours remportée."

Pas moins de 45 syndicats européens issus de 22 pays européens ont pris part samedi à la manifestation européenne de Budapest.

Euromanif à Budapest : 50.000 personnes réclament une Europe plus sociale

50.000 personnes ont participé samedi à la manifestation organisée à l'appel de la Confédération européenne des syndicats dans la capitale hongroise. Un nombre beaucoup élevé que les 30.000 manifestants attendus, selon des décomptes de l'organisation et de la police. La manifestation s'est déroulée dans le calme et sans incident.

Les présidents et représentants des syndicats étrangers, dont une forte présence belge, avaient pris place en tête de la manifestation. Etaient notamment présents Rudy De Leeuw (président de la FGTB), Jan Vercamst (président de la CGSLB), Ann Vermorgen (secrétaire nationale de la CSC) et Claude Rollin (secrétaire général du syndicat chrétien). Luc Cortebeeck (président de la CSC) était absent pour raisons de santé.

Les manifestants issus de 35 syndicats différents et 22 pays ont effectué un trajet de 1,3 kilomètre au coeur de Budapest. Les syndicats belges ont marché en parfaite entente samedi. Cette semaine, à une date qui n'est pas encore fixée, une nouvelle rencontre est prévue entre la CSC et la FGTB. Les deux syndicats tenteront à cette occasion d'arrondir les angles et aborderont la question de la collaboration future des deux organisations.

La manifestation de samedi était organisée par la CES et six syndicats hongrois, au second jour de la réunion informelle des ministres des Finances à Gödöllö, à une trentaine de kilomètres de Budapest.

Une manifestation européenne contre "l'Europe qui prépare la droite" (De Leeuw)

"Nous sommes ici aujourd'hui pour protester contre l'Europe qui prépare la droite : nous voulons une Europe sociale !", a déclaré Rudy De Leeuw, président de la FGTB, lors de la manifestation européenne. Selon lui, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont trois objectifs en tête : "Diminuer les pensions et les allocations, réduire les dépenses des services publics, mettre les pays européens en concurrence afin de modérer les salaires. Les riches deviendront dès lors plus riches, et les pauvres plus pauvres."

A ses yeux, le modèle économique allemand recommandé par la chancelière pour le reste de l'Europe doit son succès aux déséquilibres qu'il crée : "Le succès du modèle allemand est basé sur les bons produits qui y sont fabriqués, mais il est également bâti sur l'affaiblissement de la position concurrentielle des pays voisins."

Interrogé sur les divergences de vues de son syndicat avec son pendant chrétien, Rudy De Leeuw a jugé "logique qu'il subsiste un nombre de cicatrices", mais souligné que le front commun avait été formé dans l'intérêt des travailleurs : "Nous osons toutefois également prendre nos responsabilités seuls."

Trends.be, avec Belga

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