Le handicap salarial ramené à 2,9%, en comptant le saut d'index

23/12/14 à 11:38 - Mise à jour à 11:48

Source: Belga

Le rapport du Conseil central de l'Economie (CCE) sur l'écart salarial tient compte d'un saut d'index en février, a fait remarquer le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), lors de son arrivée au comité ministériel restreint ce mardi.

Le handicap salarial ramené à 2,9%, en comptant le saut d'index

Image d'illustration. © istock

"Les chiffres du Conseil central de l'économie tiennent compte d'un saut d'index à partir du 1er février 2015. Ce n'est pas un élément anodin que ce saut d'index ait lieu, sinon la situation serait tout à fait différente", a déclaré le ministre.

Le saut d'index "aura lieu", a souligné pour sa part le vice-Premier ministre MR, Didier Reynders. "C'est une mesure qui a un impact direct d'ailleurs, non seulement sur la compétitivité des entreprises mais aussi sur les finances publiques".

2,9%

Le handicap salarial de la Belgique par rapport à ses trois principaux voisins (Allemagne, France et Pays-Bas) a été ramené fin 2014 à 2,9%, selon le rapport technique publié lundi par le Conseil central de l'économie.

Sur la période 2011-2012, cet écart salarial s'élevait encore à 4%. La modération salariale décidée par le gouvernement Di Rupo a donc porté ses fruits.

Le rapport du Conseil central de l'économie, qui sert de base de discussions dans le cadre de la concertation sociale interprofessionnelle, reprend par ailleurs d'autres chiffres, dont ceux de l'évolution salariale attendue dans les pays voisins. Il y est question d'une évolution minimale moyenne de 3,9%, pouvant atteindre 5% au maximum.

En Belgique, un saut d'index devrait effectivement intervenir en février 2015. Quant à la marge de négociations pour des augmentations salariales, elle dépendra des discussions du Groupe des 10.

Concertation sociale

La publication du rapport sur l'écart salarial entre la Belgique et les trois pays voisins ouvre une période de concertation entre les partenaires sociaux de deux mois. Et s'ils ne parviennent pas à un accord, le gouvernement dispose d'un mois pour remettre un avis. Le comité restreint examinera l'accord auxquels sont parvenus les partenaires sociaux au sein du groupe des 10, et qui assouplit certaines mesures du gouvernement en matière de fins de carrière.

"C'est un accord très intelligent", a jugé M. Peeters.

"On va voir si on peut corriger certaines mesures de fin de carrière comme l'a proposé le groupe des 10 et, là, je crois que l'on doit pouvoir suivre ce qui a été proposé, et suivre la concertation sociale. J'espère d'ailleurs qu'elle sera relancée au début de l'année dans un climat de paix sociale, c'est-à-dire avec des engagements de part et d'autre", a dit M. Reynders.

FEB: "L'OCDE trop optimiste"

"Le conseil central de l'économie n'avance pas qu'un seul chiffre. Des arguments raisonnables donnent à penser que les projections de l'OCDE pour 2015 et surtout pour 2016 sont trop optimistes", souligne de son côté la Fédération des Entreprises de Belgique (FEB). "Dans le passé, les prévisions de l'OCDE ont été systématiquement surestimées de sorte qu'en définissant leur politique salariale, les partenaires sociaux ont systématiquement prévu des augmentations salariales trop fortes qui n'ont plus pu être corrigées par la suite. Cette surestimation s'élèverait à une moyenne de 1% par période de deux ans", explique la fédération patronale.

Syndicats: "opération de rattrapage dans les pays voisins"

Les syndicats ont, quant à eux, une lecture différente du rapport dans lequel ils voient une marge de négociation possible. "Le rapport prouve noir sur blanc que la maîtrise des coûts salariaux des précédents gouvernements a eu un impact important. Dans le même temps, la modération salariale dans les pays voisins touche à sa fin et on arrive dans une opération de rattrapage", indique-t-on de source syndicale.

Les partenaires sociaux disposent désormais de trois mois pour parvenir à un accord.

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