"Le Grexit serait une catastrophe... uniquement pour la Grèce"

08/07/15 à 13:11 - Mise à jour à 15:04

Les avis divergent sensiblement quant aux conséquences d'une possible sortie de la Grèce de la zone euro.

"Le Grexit serait une catastrophe... uniquement pour la Grèce"

/ © istock

"La Grèce représente à peine 2 % du PIB de la zone euro. Les conséquences pour l'économie seraient donc assez limitées, confie le gouverneur honoraire de la Banque nationale Luc Coene. Toute la question est de savoir quel sera l'impact sur la confiance et le sentiment général sur le marché. Je ne pense pas qu'un Grexit provoquera un séisme aussi considérable que la chute de Lehman en 2008. Ce feuilleton dure depuis un moment, les marchés ne seront pas surpris. Je prévois un impact globalement limité. Par contre, un Grexit serait une véritable catastrophe pour le pays des Hellènes."

Pour Luc Coene, un Grexit pourrait même à long terme renforcer la fiabilité de la zone euro : "Les autres Etats membres comprendront qu'ils doivent se plier aux règles et que la discipline budgétaire est une nécessité absolue pour faire partie de l'union monétaire. La sortie de la Grèce pourrait renforcer la cohésion interne de l'union."

"Ce pourrait être le début de la désintégration de la zone euro, voire de l'UE"

Joep Konings, professeur d'économie à la KU Leuven, n'est pas de cet avis. Il ne faudrait pas sous-estimer les risques d'une sortie de la Grèce de la zone euro : "Un Grexit comporte de nombreux risques géopolitiques. Ne risque-t-on pas de pousser le pays dans les bras de la Russie ? La frontière du sud-est de l'Europe avec la Turquie pourrait devenir une poudrière. Je pense qu'il faudrait davantage tenir compte de la stabilité politique dans la région".

Joep Konings met en garde contre un déficit démocratique en Europe : "Le succès politique de Syriza inspire certains mouvements en Espagne et au Portugal. Si l'Europe n'arrive pas à garder la Grèce dans son giron, ce pourrait être le début de la désintégration de la zone euro, voire de l'Union européenne". Selon lui, une solution durable pour la Grèce comporte trois volets : réaménagement de la dette, plan d'investissement et réformes structurelles.

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