Christophe Cherry
Christophe Cherry
Directeur d'Atradius pour la Belgique et le Luxembourg
Opinion

29/12/17 à 13:45 - Mise à jour à 13:45

'Le gouvernement Michel a besoin d'un sprint final'

Le plus grand mérite du gouvernement Michel est d'avoir conjuré la crise économique et franchi les premiers pas en direction d'une politique de reprise. Son bilan n'est pourtant pas encore totalement positif. Il reste un an à la coalition suédoise pour prendre quelques ultimes décisions cruciales.

'Le gouvernement Michel a besoin d'un sprint final'

© BELGAIMAGE

En 2017, une partie de l'accord de l'Été a été approuvée en dernière minute. Et 2018 entrera dans l'histoire comme la dernière année complète du premier gouvernement de centre droit de ce siècle.

L'économie revit

Avec l'accord de l'été, le gouvernement fédéral a franchi des étapes importantes en vue de réformes indispensables. Grâce à la baisse de l'impôt sur les sociétés, notre pays n'est enfin plus à la traîne, mais bien à l'abri au sein du peloton européen. La flexibilisation du marché du travail, qui s'appuie sur les besoins des citoyens et des entreprises au 21e siècle, contribue à la compétitivité de nos entreprises.

Cette politique se traduit en outre par des chiffres. Selon la Banque Nationale, 69.000 emplois ont été créés au cours de l'année calendrier écoulée, ce qui est plus qu'attendu. Nos propres chiffres corroborent cette compétitivité retrouvée de l'économie : le nombre de faillites baisse chaque année sous ce gouvernement (avec une exception en raison de la modification de la politique menée vis-à-vis des tribunaux).

Du pain sur la planche: trois dossiers "fer-de-lance"

Certaines questions brûlantes attendent encore leur solution. Le niveau d'investissement en Belgique, par exemple, reste trop faible. Les investissements privés en Belgique devraient être encouragés au moyen d'un cadre qui passe le test de l'Europe. Le pacte d'investissement actuel signé par le Premier ministre est un début, mais il reste avant tout un florilège d'engagements pris précédemment.

De même, ce gouvernement n'a pas été en mesure d'écarter le fantôme budgétaire. Impossible d'aborder avec légèreté la disparition de nos ambitions budgétaires : un budget hors équilibre revient à laisser nos dettes aux générations suivantes. Un président de parti a annoncé cette semaine vouloir relever le gant. Puissions-nous en profiter avant que cette "fenêtre d'opportunité" ne se referme.

Autre préoccupation, les exportations belges. Elles représentent plus de 80% de notre économie, mais l'avenir semble moins rose. Nos études prévoient un ralentissement de la croissance de plus de la moitié : de 7,5% en 2016 à 3,8% l'année prochaine. Le gouvernement ne peut pas se permettre de nier cette tendance.

Dernière ligne droite

À la lecture des dernières interviews politiques de l'année, on voit bien que la campagne des élections communales, et l'année suivante de tous les niveaux non locaux est lancée. Cela ne laisse pas supposer le meilleur pour ceux qui attendent encore de ce gouvernement qu'il fasse un dernier effort. J'appelle les responsables politiques à ne pas se laisser distraire et à se lancer dans ce sprint final. Peut-être l'électeur lui en sera-t-il reconnaissant.

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