Le gaz coûtera 54 euros de plus aux ménages wallons

17/08/10 à 08:48 - Mise à jour à 08:48

Source: Trends-Tendances

La nouvelle redevance adoptée par la Région wallonne gonflera de 54 euros par an, en moyenne, la facture d'un ménage qui se chauffe au gaz. Le sud creuse ainsi l'écart tarifaire avec le nord du pays, où une telle redevance n'existe pas.

Le gaz coûtera 54 euros de plus aux ménages wallons

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La Région wallonne vient d'adopter une nouvelle redevance sur le gaz "pour occupation du domaine public par le réseau gazier", une mesure qui coûtera en moyenne 54 euros par an en plus à un ménage qui se chauffe au gaz, indique mardi le quotidien L'Echo.

Cette mesure est destinée à renflouer les caisses des pouvoirs publics et devrait rapporter 35 millions d'euros par an, dont 35 % environ reviendront à la Région wallonne, 64 % aux communes et 1 % aux provinces.

En moyenne, le coût supplémentaire pour une ménage qui se chauffe au gaz sera donc de 54 euros par an, TVA comprise (entre + 3,8 % et + 4,3 %). Les clients industriels seront également touchés. Chaque mégawatt-heure coûtera 2,31 euros de plus, TVA comprise.

Alors que, selon la Creg, le régulateur fédéral du secteur de l'énergie, la facture pour un ménage qui se chauffe au gaz était déjà plus élevée en Région wallonne qu'en Région flamande, à cause de tarifs de distribution plus élevés, cette nouvelle redevance creusera encore plus l'écart, indique L'Echo.

Au final, la facture sera 10 % plus chère en moyenne dans le sud du pays que dans le nord. En Région bruxelloise, les prix incluent déjà une telle redevance de voirie depuis 2004, tandis qu'en Région flamande, une telle redevance n'existe pas.

Redevance wallonne sur le gaz : un nouveau coup de canif dans la libéralisation (Test-Achats)

Les pouvoirs publics portent une large responsabilité dans l'échec de la libéralisation du marché de l'énergie, indique mardi l'association Test-Achats en réaction à l'annonce d'une nouvelle redevance sur le gaz adoptée par la Région wallonne.

"Tout cela confirme que la facture du consommateur a toujours été la vache à lait des pouvoirs publics pour couvrir des pertes ou des amortissements hasardeux de leur part, souligne le défenseur des consommateurs. Bien avant la libéralisation, la facture d'énergie a toujours été l'objet d'imposition déguisée. La libéralisation n'a fait que la rendre plus évidente."

Test-Achats estime en effet que la régulation est trop faible et tolérante en la matière et que les tarifs de distribution sont sans cesse à la hausse pour compenser la perte de revenus des communes. "La taxation est également en constante augmentation avec le même objectif !", dénonce l'association, qui épingle au passage la position dominante de l'Etat français sur le marché de l'énergie.

L'organisation demande par conséquent, au gouvernement wallon, de reconsidérer sa décision qui "constitue un message particulièrement négatif vis-à-vis du consommateur dans sa perception de la libéralisation".

Test-Achats souhaite également l'évaluation en profondeur de la libéralisation, "y compris les mesures publiques d'augmentation des tarifs de distribution, l'augmentation permanente depuis le début de la libéralisation des taxes et autres redevances et autres mesures ayant un rapport avec la responsabilité des pouvoirs publics eux-mêmes".

Trends.be, avec Belga

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