La zone euro n'échappera pas à la récession

24/08/12 à 15:45 - Mise à jour à 15:45

Source: Trends-Tendances

La zone euro connaîtra au mois deux trimestres consécutifs de contraction de son PIB en 2012, comme le laisser à penser les derniers indices PMI qui eux même confiment les prévisions de la plupart des économistes

La zone euro n'échappera pas à la récession

© Reuters

Les signes d'un retour de la zone euro en récession s'accumulent après la publication récente d'indicateurs peu encourageants et malgré la résistance affichée par l'économie allemande au deuxième trimestre. Mi-août, l'office européen de statistique Eurostat avait publié une première estimation du Produit intérieur brut de la zone euro montrant un recul de 0,2% au deuxième trimestre après une stagnation au premier. Les analystes avaient alors unanimement averti que le recul du PIB devrait se poursuivre au troisième trimestre. Or une période de récession correspond techniquement à deux trimestres consécutifs de repli du PIB.

L'indice PMI, qui mesure l'activité du secteur privé, publié jeudi, a apporté de l'eau à leur moulin en affichant une contraction de l'activité dans la zone euro pour le septième mois consécutif. "Ensemble, les indices de juillet et d'août semblent conformes à une baisse trimestrielle du PIB de l'ordre de 0,5 ou 0,6%" au troisième trimestre, et "il faudrait donc un rebond substantiel en septembre pour contredire ces prévisions", selon Rob Dobson, analyste de la société Markit, qui publie cet indice.

Une récession serait la seconde en trois ans pour la zone euro, qui était revenue à la croissance au troisième trimestre 2009. Une nouvelle plongée a été évitée de justesse jusqu'ici puisque le PIB a été négatif au quatrième trimestre 2011 (-0,3%) et nul au premier trimestre de cette année. Mais désormais l'Allemagne, qui a jusqu'ici bien résisté à la morosité économique à l'inverse des pays du sud de la zone, avec une progression du PIB de 0,3% au deuxième trimestre, commence à montrer des signes de fragilité.

Une décélaration inquiétante en Allemagne

Markit souligne ainsi que si l'activité recule dans les deux principales économies de la région, ce repli ralentit en France tandis qu'il s'accélère en Allemagne. La contraction de l'activité observée outre-Rhin pour le septième mois consécutif "laisse penser que la modeste progression de l'économie observée au deuxième trimestre ne se répétera pas au troisième", juge Jonathan Loynes de Capital Economics. L'indice PMI des services est même "tombé bien en-dessous du seuil de 50, à 48,3 pour la première fois depuis l'été 2009, signe que la consommation des ménages allemands pourrait s'affaiblir après un très bon deuxième trimestre", souligne de son côté Julien Manceaux, d'ING.

L'indice PMI signale une progression de l'activité lorsqu'il dépasse 50 et une contraction en-dessous de ce seuil. Pour cet analyste, de manière générale "la combinaison entre tensions sur les marchés financiers et austérité budgétaire demeure un frein important à la demande intérieure dans la zone euro, et la demande extérieure est trop faible pour avoir un effet compensateur". Il estime qu'un "revirement du sentiment économique ne pourra intervenir que lorsque l'avenir de la zone euro commencera à paraître moins incertain", ce qui "malheureusement, ne devrait pas arriver de sitôt".

D'autres analystes se montrent moins alarmistes, comme Marie Diron, d'Ernst and Young, qui estime que "bien qu'elle continue vraisemblablement à se contracter, l'économie de la zone euro n'est pas en train de dévisser". Or, "le fait que la récession reste contenue est nécessaire pour donner aux responsables politiques l'espace nécessaire à la mise en place des réformes", souligne-t-elle, évoquant les chantiers en cours en matière d'intégration budgétaire et d'union bancaire. Quant à Christian Schulz, de Berenberg, il souligne qu'"en s'attaquant à ses déséquilibres internes grâce à des réformes structurelles et à l'austérité", ce qui a conduit à réduire la demande de consommation dans plusieurs pays en crise, "la zone euro est en train de devenir plus compétitive au niveau mondial".

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