La zone euro approuve le plan de sauvetage de Chypre

12/04/13 à 11:29 - Mise à jour à 11:29

Source: Trends-Tendances

Le plan d'aide revu à la hausse a été approuvé par la zone euro ce vendredi à Dublin, il pourra entrer en vigueur une fois validé par plusieurs parlements nationaux.

La zone euro approuve le plan de sauvetage de Chypre

© Reuters

La zone euro a avalisé ce vendredi après-midi les modalités du plan d'aide à Chypre, qui pourra entrer en vigueur une fois approuvé par plusieurs parlements nationaux, a indiqué le chef de file des ministres des finances de la zone euro, Jeroen Dijsselbloem.

"Je salue l'accord obtenu au sein de la troïka, qui est conforme aux paramètres et aux objectifs clés définis par l'Eurogroupe", a déclaré Jeroen Dijsselbloem lors d'une conférence de presse à Dublin, au terme d'une réunion de ce forum.

"L'accord politique va ouvrir la voie aux validations au niveau national", a renchéri le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Olli Rehn, en faisant référence aux feux verts attendus de plusieurs Parlements, dont le Bundestag allemand.

"J'espère que nous allons pouvoir finaliser ces procédures d'ici fin avril", a-t-il poursuivi. Après la signature du protocole d'accord, le plan d'aide pour Chypre sera lancé et le pays pourra espérer recevoir un premier versement début mai, sur les 10 milliards d'euros promis par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI).

Chypre va devoir faire des efforts financiers plus importants que prévu. "Les besoins financiers de Chypre ont évolué dans un contexte de récession plus profonde que prévu", a déclaré une source proche des négociations. Chypre, qui est représentée à Dublin par son nouveau ministre des Finances Haris Georgiades, devra au final trouver 13 milliards d'euros, soit six milliards de plus que prévu initialement, pour obtenir les 10 milliards de prêt de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI).

L'essentiel de cette somme proviendra de la restructuration du secteur bancaire, qui comprend une ponction sur les créanciers, y compris les gros déposants. Cette mesure inédite rapportera 10,6 milliards d'euros au lieu des 5,8 milliards annoncés au départ. Elle a créé la polémique car c'est la première fois que certains déposants sont mis à contribution dans le cadre d'un plan de sauvetage de la zone euro.

Les autorités chypriotes doivent aussi mettre en oeuvre des privatisations pour au moins un milliard d'euros et refinancer une dette précédente pour le même montant. Il est également prévu des augmentations d'impôts pour 600 millions d'euros, la vente de réserves d'or excédentaires pour 400 millions et une baisse des effectifs de la fonction publique. Ce paquet de mesures doit obtenir le feu vert de la zone euro, avant d'être soumis à plusieurs Parlements nationaux, dont le Bundestag allemand.

Le cas portugais

Outre le dossier chypriote, les ministres des Finances devaient aussi pencher sur le cas du Portugal. Une extension de sept ans des prêts accordés à l'Irlande et au Portugal a fait l'objet d'un accord.L'Irlande a reçu 85 milliards d'euros d'aide de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, et le Portugal 78 milliards. Les deux pays se sont engagés en échange à mettre en oeuvre d'importantes réformes structurelles.

Le Portugal est dans la tourmente depuis que la cour constitutionnelle a invalidé plusieurs mesures d'austérité inscrites au budget 2013. Cette décision prive le gouvernement d'économies évaluées à 1,3 milliard d'euros et compromet son engagement de ramener le déficit à 5,5% d'ici fin 2013. Lisbonne n'avait d'autre choix que de trouver de nouvelles mesures pour respecter ses engagements.

Le gouvernement portugais a, en outre, promis de donner vendredi des "garanties" à ses partenaires européens sur le respect de ses engagements budgétaires. "La confiance de nos partenaires en dépend", a reconnu jeudi le porte-parole du gouvernement.

En marge de l'Eurogroupe, le nouveau ministre des Finances slovène, Uros Cufer, rencontrera de hauts fonctionnaires de la Commission et de la Banque centrale européenne pour évoquer la situation de son pays, miné par un secteur bancaire en pleine déroute. Pour de nombreux observateurs, le pays pourrait avoir besoin lui aussi d'une aide financière, dans le sillage de Chypre. Cette réunion sera l'occasion de présenter le plan du gouvernement slovène pour restaurer le système bancaire et assainir les finances publiques.

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