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Amid Faljaoui, directeur des magazines francophones de Roularta.
Opinion

01/08/18 à 10:50 - Mise à jour à 10:50

La victime du crash des ventes des voitures diesel? Notre planète!

Les ventes de voitures diesel chutent plus vite qu'on ne l'imagine. Au rythme actuel, les moteurs diesel ne représenteront bientôt plus que 5% du parc automobile. Cela va poser un immense problème de CO2, nous dit Amid Faljaoui, notre chroniqueur économique.

La victime du crash des ventes des voitures diesel? Notre planète!

© Getty Images/iStockphoto

Le scandale du diesel va-t-il se transformer en "crash du diesel" ? La question est posée par le journal Le Monde, et à raison.

Bien entendu, cette question n'est pas venue par le plus grand des hasards mais à la lecture du dernier rapport du cabinet de consultance AlixPartners, un cabinet qui fait référence dans le monde de l'automobile.

Et c'est simple, ce rapport indique que le recul des ventes de voitures à moteur diesel sera plus rapide et plus fort que tout ce qu'on a pu imaginer.

Selon AlixPartners, les voitures roulant au diesel ne devraient plus représenter que 5% du parc automobile à horizon de 2030. Autrement dit, en douze à peine, la motorisation diesel devrait devenir une motorisation de niche.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce chiffre a choqué le monde de la construction automobile. Et c'est normal, le scandale du diesel qui a éclaté en Allemagne avec l'affaire Volkswagen date de 2015, hier donc.

Et à l'époque, les moteurs diesel captaient encore 52% du marché des ventes automobiles. Cette désaffection pour le diesel est rapide, car pour 2020, soit d'ici deux ans, la part de marché des moteurs diesel passerait déjà à 25%.

A nouveau, la descente est plus rapide que ce qu'avaient imaginé les constructeurs automobiles. Cette situation pose un immense souci à l'industrie automobile.

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Le scandale du diesel va-t-il se transformer en "crash du diesel" ?

En effet, faute de véritable alternative - car il ne faudra pas trop compter sur les voitures électriques pour prendre le relais -, les clients vont tous se tourner vers des voitures à essence.

C'est-à-dire les voitures les plus émettrices en CO2. Alors, c'est vrai, le CO2 ne rend personne malade à l'inverse des particules et des oxydes d'azote des moteurs diesel.

Mais en revanche, note Le Monde, le CO2 est responsable du réchauffement climatique. Les plus optimistes diront que ce n'est pas grave, car l'union européenne a fixé des objectifs d'émissions moyennes de CO2 aux constructeurs automobiles pour d'ici 2021.

Et en cas de non-respect, la commission européenne infligera une amende de 95 euros par gramme de CO2 en trop et par véhicule vendu.

Le journal Le Monde a fait le calcul, un dépassement de 3 grammes coûterait 1 milliards d'euros à Volkswagen. Je cite Volkswagen à dessein car le groupe dépasse non pas de 3 grammes mais de 20 grammes l'objectif imposé par l'Europe.

Et les autres constructeurs ne sont pas en reste non plus. D'où la question : peut-on vraiment croire que dans un délai aussi court, c'est-à-dire pour 2021, les constructeurs auto seront en ordre pour leurs normes d'émissions en CO2 ?

C'est assez difficile à croire. Et il est certain que cette industrie qui occupe beaucoup de main-d'oeuvre fera le lobbying nécessaire pour obtenir un répit ou des accommodements.

Si ce scénario se vérifie, la première victime du crash des ventes de voitures diesel ce sera donc bel et bien notre planète. Il parait qu'on reconnait un imbécile au fait que lorsqu'il se sort d'une situation difficile, c'est pour immédiatement retomber dans une autre situation encore plus difficile. C'est hélas ce que nous vivons avec le scandale des moteurs diesel.

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